Perrier : UFC-Que Choisir exige l’arrêt immédiat de sa commercialisation en raison de pratique trompeuse

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a demandé le retrait des bouteilles d’eau Le Perrier des rayons de commerce.

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Perrier
Perrier : Des millions de bouteilles bloquées en raison de contaminations bactériennes. Crédit : AFP - Magali Cohen / Hans Lucas | Econostrum.info

L’eau Perrier est au centre d’une tempête judiciaire. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a déposé une demande de retrait temporaire des bouteilles d’eau Perrier, commercialisées par Nestlé Waters, auprès du tribunal judiciaire de Nanterre.

Cette action a pour but de mettre un terme à ce que l’association considère comme une pratique trompeuse, où l’eau est présentée comme « minérale naturelle » alors qu’elle a été traitée. L’UFC-Que Choisir affirme que les consommateurs achètent une eau vendue comme étant « minérale naturelle », mais qui, en réalité, a subi des traitements de purification tels que les rayons ultraviolets et le charbon actif.

Ces procédés sont normalement interdits pour les eaux minérales naturelles, qui, selon la réglementation, ne doivent pas être traitées d’une manière qui pourrait modifier leurs caractéristiques. L’avocat de l’UFC-Que Choisir, Maître Alexis Macchetto, a précisé que l’objectif de cette action en justice était d’obtenir des mesures provisoires, y compris le retrait des produits du marché, le rappel des bouteilles déjà vendues et l’interdiction de la commercialisation de ces eaux Perrier sous le terme « minérale naturelle ».

Controverse sur les pratiques d’emballage et de filtration de l’eau Perrier 

Cette demande de retrait fait suite à un premier recours déposé au printemps 2025, dans le cadre d’une procédure d’urgence, mais l’audience initialement prévue en juillet avait été reportée. L’UFC-Que Choisir avait alors ciblé la commercialisation de Perrier, en insistant sur le fait que la pratique représentait un risque pour la santé des consommateurs, notamment en raison de contaminations bactériennes relevées sur les sites d’embouteillage de la marque.

Nestlé Waters a vigoureusement contesté cette demande, affirmant qu’elle « opère sous le contrôle des autorités sanitaires ». L’entreprise, qui produit également les marques Vittel et Contrex, soutient que les traitements appliqués aux eaux sont effectués pour assurer la sécurité sanitaire des produits. Par ailleurs, elle insiste sur le fait que les bactéries détectées dans certaines eaux étaient « ponctuelles » et n’ont jamais compromis la sécurité des consommateurs.

Les controverses sur la marque Perrier ont également été alimentées par des articles de presse révélant, début 2024, l’utilisation de traitements interdits sur les eaux Perrier dans les années précédentes, une situation que Nestlé Waters a justifiée par des préoccupations sanitaires.

L’UFC-Que Choisir a mis en avant un autre élément de préoccupation concernant la sécurité des produits : le remplacement récent des filtres de 0,2 micromètres par des filtres de 0,45 micromètres, technologie jugée moins efficace par l’avocat de l’association. Selon Me Alexis Macchetto, ce changement aggrave le risque de contamination, augmentant ainsi les dangers pour les consommateurs.

Nestlé Waters, de son côté, se défend en affirmant que cette action de l’UFC-Que Choisir ne correspond plus à la réalité actuelle des pratiques d’embouteillage, celles-ci ayant évolué après la mise en place de nouveaux filtres, selon Radio France.

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