La flambée des prix à la pompe commence à peser lourdement sur les auto-écoles. Certaines envisagent déjà de revoir leurs tarifs, alors que le coût du carburant devient un poste de dépense majeur pour ces entreprises.
Les prix des carburants ont fortement remonté ces dernières semaines. Au 24 août, le sans-plomb 95 atteignait 2,02 euros le litre en moyenne et le gazole 2,23 euros. Le lendemain, l’association 40 millions d’automobilistes faisait état d’un gazole à 2,247 euros le litre et d’un SP95-E10 à 2,024 euros.
Une situation qui touche directement les auto-écoles. En effet, leurs voitures roulent plusieurs heures par jour, sachant que les élèves, encore en apprentissage, consomment généralement davantage qu’un conducteur expérimenté. Par conséquent, les professionnels se retrouvent obligés de multiplier les passages à la station.
Des factures de carburant qui explosent
À Marseille, TF1 a suivi une auto-école disposant de 10 véhicules. Son budget annuel consacré à l’essence est passé de 25 200 euros en 2023 à 37 200 euros en 2026, soit 12 000 euros supplémentaires avec une flotte identique. Le gérant explique que le carburant représente désormais une dépense comparable aux salaires, voire supérieure.
N’ayant pas le choix, les moniteurs cherchent à limiter cette consommation. Pendant les cours, ils apprennent, par exemple, aux élèves à anticiper les ralentissements, à éviter les accélérations inutiles et à adopter une conduite plus souple. Mais force est de constater que ces économies ne suffisent pas.
D’ailleurs, Mobilians, qui représente notamment les professionnels de l’éducation routière, réclame depuis plusieurs mois un soutien de l’État face à l’augmentation des coûts. En mai, le syndicat avait été reçu à Bercy pour évoquer les conséquences de la hausse des carburants et demander l’extension du remboursement partiel de l’accise sur les carburants aux écoles de conduite.
Les nouveaux élèves pourraient payer davantage
Pour certaines auto-écoles, la hausse des tarifs du permis de conduire devient difficile à éviter. À Marseille, l’heure de conduite est actuellement facturée 53 euros dans l’établissement suivi par TF1. Le gérant envisage de l’augmenter de 2 euros dans les prochaines semaines si les prix du carburant continuent de progresser.
Néanmoins, la hausse ne devrait toucher immédiatement tous les candidats. Lorenzo Lefebvre, président de Mobilians Éducation et Sécurité Routière, rappelle que « les écoles de conduite signent avec leurs élèves des contrats qui durent à peu près un an en moyenne » et que le tarif ne peut pas être augmenté une fois le contrat signé. Les nouveaux inscrits seraient, ainsi, les premiers concernés par une éventuelle révision des prix.

Selon le même responsable, les professionnels pourraient devoir augmenter leurs tarifs de 5 à 6 %. Pour un cours actuellement facturé 53 euros, une hausse de 5 % représenterait environ 2,65 euros, et une hausse de 6 % quelque 3,18 euros.
Le phénomène reste donc encore très variable d’une auto-école à l’autre. Mais avec plus de 1,3 million de candidats au permis chaque année, environ 12 000 écoles de conduite et 25 000 moniteurs, une prolongation de la flambée des carburants pourrait finir par se retrouver directement sur la facture des futurs conducteurs.








