Le marché automobile en France devrait connaître progressivement des modifications, suite au renforcement du malus écologique sur les véhicules neufs. En augmentant le coût d’achat de certains modèles très émetteurs de CO₂, cette fiscalité pourrait inciter davantage d’automobilistes à se tourner vers les véhicules d’occasion, avec un effet possible sur les prix de certains modèles recherchés.
Le malus écologique vise à réduire les émissions liées aux véhicules particuliers en appliquant une taxe lors de la première immatriculation d’une voiture neuve. Les évolutions prévues par le barème français rendent l’achat de certains véhicules thermiques plus coûteux, notamment pour les modèles lourds et puissants.
Un barème du malus écologique qui devient plus sévère pour les voitures neuves
Le malus écologique repose principalement sur les émissions de CO₂ mesurées selon la norme WLTP. En 2025, le seuil de déclenchement a été abaissé à 113 g de CO₂/km, contre 118 g/km en 2024. Le montant augmente ensuite progressivement selon les émissions du véhicule.
Le plafond du malus CO₂ atteint 70 000 euros pour les véhicules émettant 193 g/km ou plus. Cette évolution concerne principalement les SUV imposants, les véhicules sportifs et certaines grandes motorisations essence ou diesel.
À cette taxe liée aux émissions s’ajoute le malus au poids. Depuis 2025, le seuil de déclenchement a été abaissé à 1 500 kg pour les véhicules thermiques, contre 1 800 kg auparavant. Le montant est fixé à 10 euros par kilogramme supplémentaire au-delà du seuil, avec des règles spécifiques pour certains véhicules hybrides et familiaux.
Pour les acheteurs, l’impact est direct : une voiture neuve qui était accessible quelques années plus tôt peut désormais coûter plusieurs milliers d’euros supplémentaires après application des taxes.
La demande pourrait se déplacer vers le marché de l’occasion
Face à ces hausses, certains automobilistes pourraient reporter leur achat vers des véhicules déjà immatriculés. Une voiture d’occasion ayant déjà payé son malus écologique lors de sa première mise en circulation n’est généralement pas soumise une seconde fois à cette taxe lors d’une revente classique.
Cette situation peut renforcer l’intérêt pour certains modèles thermiques récents, notamment ceux qui restent abordables mais deviennent plus difficiles à acheter en neuf. Les véhicules familiaux, les SUV compacts et certaines motorisations encore recherchées pourraient voir leur demande évoluer.
Le marché de l’occasion pourrait aussi être influencé par la baisse progressive de l’offre en véhicules neufs moins taxés. Les constructeurs développent davantage de modèles électriques et hybrides afin de respecter les objectifs européens d’émissions, ce qui réduit mécaniquement la diversité des motorisations thermiques disponibles.
Les professionnels de l’automobile surveillent donc l’équilibre entre l’arrivée de nouveaux véhicules électriques sur le marché et la demande persistante pour des modèles thermiques d’occasion.
Les automobilistes doivent comparer le coût global avant d’acheter
Le malus écologique change la manière de calculer le prix réel d’une voiture. Un modèle moins cher à l’achat peut devenir moins intéressant après ajout de la taxe, tandis qu’un véhicule d’occasion bien choisi peut conserver un coût plus stable.
Les acheteurs doivent aussi prendre en compte d’autres éléments comme la consommation de carburant, l’entretien, l’assurance et la valeur de revente. Les différences peuvent être importantes selon le type de véhicule et l’usage prévu.
Cette évolution fiscale s’inscrit dans une politique plus large de réduction des émissions automobiles. Elle pousse les consommateurs à revoir leurs critères d’achat et pourrait transformer durablement le marché français, avec une demande plus forte pour certains véhicules d’occasion dans les prochaines années.








