Le Livret A, placement préféré des Français, subira une diminution de son taux d’intérêt à compter du mois prochain. Cette décision, basée sur une formule de calcul réglementaire, intervient dans un contexte de ralentissement de l’inflation et vise des objectifs économiques précis.
Le ministère de l’Économie a confirmé que le taux du Livret A passera à 2,4 % à compter du 1er février 2025. Cette baisse est une application stricte de la formule réglementaire, prenant en compte l’inflation des six derniers mois et les taux interbancaires. Selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ce nouvel ajustement est justifié par le ralentissement de la hausse des prix observé récemment.
Cette baisse est significative puisqu’elle marque la première réduction de ce type depuis 2020. Elle s’inscrit également dans une tendance à l’ajustement des taux en fonction de la conjoncture économique, avec des précédents similaires en 2009.
L’impact pour les épargnants
Pour les 57 millions de détenteurs du Livret A, cette réduction de taux pourrait réduire légèrement l’attractivité de ce produit d’épargne réglementée. Malgré tout, le rendement net du Livret A reste positif, car l’inflation, bien que toujours présente, a fortement ralenti ces derniers mois.
Par ailleurs, cette mesure offre des avantages indirects. Une partie des fonds déposés sur les Livrets A et LDDS est utilisée pour financer des projets de logement social et des investissements publics. Selon Éric Lombard, ministre de l’Économie, cette baisse permettra d’accompagner la construction de logements sociaux, un enjeu prioritaire pour le gouvernement.
Contrairement au Livret A, le Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modestes, bénéficie d’une exception. Bien que la formule réglementaire aurait dû ramener son taux à 2,9 %, un ajustement exceptionnel le fixe à 3,5 %. Cette mesure vise à préserver le pouvoir d’achat des épargnants les plus vulnérables, selon les déclarations de la Banque de France.
Le nombre de détenteurs de LEP, estimé à 11,8 millions fin 2024, reste bien inférieur aux 19 millions de personnes éligibles. Les autorités encouragent les banques à promouvoir davantage ce produit d’épargne solidaire.
Impacts économiques de la baisse du Livret A
La réduction du taux du Livret A pourrait encourager une partie des ménages à rediriger leur épargne vers d’autres placements comme l’assurance-vie ou des produits financiers plus risqués. Cependant, selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, l’effet sur la consommation reste incertain. Les ménages pourraient continuer à privilégier l’épargne, influencés par un climat économique encore fragile.
Si la baisse du taux du Livret A suscite des inquiétudes chez certains épargnants, elle reflète avant tout une logique économique visant à équilibrer les priorités nationales. Entre soutien au logement social, préservation de l’épargne populaire et relance de la consommation, cette décision s’inscrit dans une stratégie globale pour adapter l’économie française aux défis actuels.