Les femmes sont de plus en plus nombreuses à devenir propriétaires en solo. Selon une étude du courtier Empruntis, elles représentent désormais 19 % des emprunteurs individuels, contre 20,3 % pour les hommes. Cette tendance marque une évolution dans l’accession à la propriété, malgré des revenus inférieurs et des conditions d’emprunt souvent plus contraignantes.
L’achat immobilier par des célibataires représente 40 % des transactions en France. Parmi ces acheteurs, 46 % sont des femmes et 54 % des hommes, selon Empruntis. Si l’on inclut les acquisitions en couple, la part des femmes dans la prise de décision a progressé ces cinq dernières années, même si les hommes restent légèrement majoritaires.
Malgré des revenus nets mensuels en moyenne inférieurs de 200 euros à ceux des hommes, les femmes continuent d’accéder à la propriété en adoptant des stratégies différentes. Elles préparent mieux leur projet, disposent d’un apport personnel plus important et sont plus prudentes dans leurs décisions. Cette rigueur leur permet d’avoir moins de refus bancaires et moins d’abandons de projet que leurs homologues masculins.
Les femmes épargnent plus que les hommes, malgré un salaire plus bas
En moyenne, les femmes achètent à 39 ans, contre 36 ans pour les hommes. Elles consacrent un apport personnel moyen de 49 661 euros, soit 22,9 % du coût total de leur bien, alors que les hommes investissent 42 587 euros, représentant 20,8 % de leur projet. Cette différence s’explique en partie par une approche plus sécurisée du crédit et par un effort d’épargne souvent plus long.
Leur crédit moyen atteint 167 493 euros, une somme légèrement supérieure à celle des hommes, malgré des revenus souvent plus bas. Pourtant, leur pouvoir d’achat immobilier reste inférieur de 4 % à celui des hommes, notamment en raison des inégalités salariales persistantes et des contrats de travail plus précaires.
Des acquisitions plus coûteuses pour une surface équivalente
Les femmes achètent en moyenne des biens de 71 m², contre 70 m² pour les hommes, mais pour un prix supérieur de 12 000 euros. Cette différence s’explique par l’impact des écarts de revenus et un choix géographique différent, souvent orienté vers des zones plus recherchées ou mieux desservies par les transports et les services.
Certaines acheteuses parviennent à optimiser leur budget grâce à une négociation efficace ou aux aides existantes. C’est le cas de Léa, 27 ans, interrogée par le Parisien qui a acquis un studio de 23 m² à Melun après avoir réussi à négocier une baisse de prix de 79 000 à 72 000 euros. Grâce à un apport de 7 000 euros et un prêt à taux zéro, elle a pu financer son projet avec un salaire de 1 700 euros par mois.
De son côté, Pauline, mère de deux enfants et secrétaire médicale, qui a également témoigné auprès du Parisien, a dû faire appel à un courtier après le refus de sa banque. Grâce à cette démarche, elle a pu acheter une maison de 82 m² à 169 000 euros, malgré un revenu mensuel de 1 800 euros.
L’augmentation de la part des femmes parmi les acheteurs immobiliers témoigne d’une évolution des mentalités et des stratégies financières. Malgré des contraintes économiques plus marquées, elles montrent qu’il est possible d’accéder à la propriété en adaptant son projet et en sécurisant son financement. Cette tendance pourrait continuer à se renforcer, à mesure que le marché s’adapte aux nouvelles réalités socioprofessionnelles.








