Les agressions sexuelles dans les transports en commun connaissent une hausse alarmante, selon les dernières données de l’Observatoire national des violences faites aux femmes. En 2024, 3 374 victimes ont été recensées par les forces de l’ordre, soit une augmentation de 6 % par rapport à l’année précédente et 86 % de plus qu’en 2016. Près de la moitié des agressions ont lieu en Île-de-France, et les femmes représentent 91 % des victimes.
Les chiffres publiés par la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), et rapportés par plusieurs médias dont 20 Minutes, confirment une tendance inquiétante. Parmi les victimes, 75 % ont moins de 30 ans et 36 % sont mineures. La quasi-totalité des agresseurs identifiés (99 %) sont des hommes.
La secrétaire générale de la Miprof, Roxana Maracineanu, souligne que si la majorité des violences faites aux femmes sont commises par des proches, les transports en commun restent un lieu à haut risque. En Île-de-France, une enquête menée par la RATP révèle que sept femmes sur dix ont déjà été victimes d’agressions sexistes ou sexuelles dans les transports au cours de leur vie.
Une peur des agressions omniprésente chez les usagères
Les résultats de l’étude ENOV relayée par la Miprof montrent que 56 % des femmes ne se sentent pas en sécurité dans les espaces du réseau ferré francilien. Plus préoccupant encore, 80 % d’entre elles déclarent rester en alerte en permanence lorsqu’elles prennent les transports.
Ce climat d’insécurité pousse de nombreuses femmes à modifier leurs habitudes de déplacement. Certaines évitent certains horaires ou itinéraires par peur d’être agressées. Roxana Maracineanu alerte sur ce phénomène, soulignant que la liberté d’accès aux transports doit être garantie pour toutes.
Une prise de conscience mais des dispositifs encore sous-utilisés
Face à cette situation, des initiatives ont été mises en place par les opérateurs de transports. La possibilité de descendre à la demande la nuit dans les bus, les numéros d’assistance (31 17 et 31 177) et les bornes d’appel sur les quais sont autant de solutions censées renforcer la sécurité.
Si ces dispositifs sont connus d’une grande partie des usagers, ils restent peu utilisés. Seuls 12 % des usagères déclarent y avoir déjà eu recours. Néanmoins, la réaction des témoins face aux agressions a évolué : en dix ans, le nombre de victimes ayant reçu de l’aide d’un tiers est passé de 10 % en 2016 à 23 % aujourd’hui.
L’augmentation des violences sexuelles dans les transports souligne l’urgence d’une action renforcée pour garantir la sécurité des femmes dans l’espace public.








