En fin de journée, certains clients de Grand Frais peuvent profiter de réductions très importantes sur les fruits et légumes. Ces baisses de prix répondent à un problème bien précis au sein de la grande distribution.
Cette pratique, appelée « cassé-frais », a été documentée dans un reportage de l’émission Capital, diffusée sur M6. Abdel, responsable de rayon chez Grand Frais, explique que cette pratique consiste à limiter les pertes sans laisser les marchandises s’accumuler en réserve. Ainsi, le créneau de fin d’après-midi peut réserver de bonnes affaires pour les consommateurs, même si les réductions dépendent souvent des stocks disponibles.
Des fraises à moitié prix pour éviter les invendus
Dans le magasin du Rhône de Grand Frais, le même Abdel fait le point sur les marchandises encore présentes à 16h37. Le rayon champignons représente environ 200 euros de stock. En réserve, la situation est plus délicate, avec huit colis de fraises, soit 200 barquettes, représentent plus de 1 000 euros de produits à écouler.
Le responsable sait que ces fruits fragiles ne pourront pas être proposés à la vente dans les mêmes conditions le lendemain : « C’est un produit qui est fragile. Il faut que je fasse écouler mon stock. Ils seront invendables demain », reconnait il dans le reportage. Il n’a d’autre choix que de réduire les prix pour accélérer les ventes. La barquette de 500 grammes de fraises passe ainsi de 6 à 3 euros. Les myrtilles et les cerises sont aussi concernées par ces baisses.
Abdel résume l’objectif de cette opération : « On va enclencher dès maintenant une baisse de prix. On préfère vendre à un coût moindre que de tout mettre en perte ». Les réductions peuvent atteindre 50 % et sont signalées par des étiquettes jaunes. Certains produits de la crèmerie et de la poissonnerie peuvent aussi être bradés.
Un client habitué conseille d’ailleurs de passer en magasin en fin d’après-midi. Il faut dire que l’horaire constitue un repère, mais il ne garantit pas de retrouver les mêmes promotions chaque jour, car les quantités et les produits concernés varient selon les invendus.
Les invendus restants sont récupérés par les Restos du Cœur
Malgré les démarques, certaines marchandises sont restées sur les étals à la fermeture du magasin à 20 heures. Il s’agit essentiellement de salades et d’une cinquantaine de barquettes de fraises. Selon le reportage, les pertes de ce magasin ont représenté 2,5 % des volumes du jour. Un taux présenté comme deux fois inférieur à celui de la grande distribution classique.
Les produits encore propres à la consommation ne sont pas nécessairement jetés. Le lendemain matin, les bénévoles des Restos du Cœur viennent récupérer les invendus. Lors de la séquence filmée, lesdits bénévoles sont repartis avec 100 kilos de fruits et légumes, consignés sur un bordereau.
Ces dons peuvent aussi ouvrir droit à un avantage fiscal pour les entreprises. Selon l’article 238 bis du Code général des impôts, les dons aux organismes éligibles donnent droit à une réduction d’impôt de 60 % de leur valeur, dans la limite de 20 000 euros ou de 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxes si ce montant est plus élevé.
La pratique s’inscrit dans une lutte plus large contre le gaspillage alimentaire. En France, 3,9 millions de tonnes de nourriture ont été gaspillées en 2024, soit 56 kilos par habitant. La distribution représente 4 kilos par personne.

Les réductions de fin de journée et les dons aux associations font partie des solutions encouragées par les pouvoirs publics. La DGCCRF rappelle que les pratiques varient selon les magasins. Les produits à date limite de consommation courte peuvent être vendus à prix réduit avant leur échéance, mais ils ne peuvent pas être commercialisés une fois cette date dépassée.








