Une gare française vient d’être distinguée parmi les plus belles nouvelles gares et stations du monde. Le Prix Versailles a dévoilé, le 28 septembre, sa sélection de sept réalisations pour cette nouvelle édition.
Le Prix Versailles ne départage pas les 7 réalisations de la première à la septième place. Les sept gares et stations sont distinguées dans le cadre de cette sélection mondiale consacrée à l’architecture et au design. Cette année, trois projets se trouvent en Europe : la gare française, la station Colosseo – Fori Imperiali à Rome et la station Monte Sant’Angelo à Naples.
La sélection comprend également Town Hall Station à Melbourne, deux stations du métro de Riyad, National Museum Station et Western Station, ainsi que le LAX/Metro Transit Center à Los Angeles. À Rome, la station Colosseo – Fori Imperiali intègre des vestiges archéologiques découverts pendant sa construction. À Naples, l’artiste Anish Kapoor a participé à la conception de Monte Sant’Angelo, pensée comme une sculpture monumentale sous terre.
La réalisation française est la gare Lyon Part-Dieu. Les cabinets AREP et L’AUC ont participé à sa transformation, menée sur environ dix ans. Le projet devait répondre à un problème devenu particulièrement visible au fil des années. La gare, construite en 1983, avait été conçue pour accueillir 35 000 voyageurs par jour. Elle en reçoit désormais plus de 140 000, selon la SPL Lyon Part-Dieu, tandis qu’AREP avance le chiffre de 160 000 voyageurs quotidiens.
La métamorphose a, ainsi, dépassé la simple rénovation esthétique. La surface de la gare a été doublée, de nouveaux accès ont été créés et une nouvelle voie ferroviaire, la voie L, a été aménagée. Le projet a aussi renforcé les connexions avec les transports en commun et les mobilités actives.
Une gare transformée pour mieux circuler
La nouvelle configuration repose notamment sur trois galeries : Béraudier, Villette et Pompidou. La galerie Béraudier mesure 210 mètres de long et 15 mètres de haut, pour plus de 10 000 m² de surface. Elle concentre notamment des commerces, des services et les billetteries ferroviaires.
La gare accueille aussi les voyageurs qui ne prennent pas le train. Environ 30 000 personnes la traversent chaque jour pour passer d’un côté à l’autre du quartier. Cette fonction de passage explique en partie le choix architectural inspiré des traboules lyonnaises, ces passages qui permettent de traverser les bâtiments pour rejoindre une autre rue.
Le dernier grand chantier intérieur a concerné le hall 1, l’espace historique de la gare. Les travaux ont libéré près de 1 300 m² grâce au déplacement des anciennes billetteries et ont augmenté de plus de 30 % la capacité des espaces de circulation et d’attente. Le hall accueille environ 120 000 voyageurs par jour.
À l’extérieur, la transformation concerne aussi les déplacements quotidiens. Le pôle d’échanges comprend notamment trois lignes de tramway, la ligne B du métro, 14 lignes de bus desservant la Part-Dieu, le Rhônexpress et deux vélostations sécurisées. La vélostation Béraudier peut accueillir jusqu’à 2 500 vélos, tandis que celle de Villette dispose de 214 places.
Le réaménagement du pôle d’échanges multimodal représente à lui seul un investissement estimé à 340 millions d’euros hors voie L. Cette dernière et ses aménagements annexes représentent 101,9 millions d’euros supplémentaires. La transformation de la Part-Dieu est ainsi devenue un vaste projet urbain, dont l’objectif est autant de faciliter les déplacements que d’intégrer davantage la gare au quartier.








