Les députés ont adopté, jeudi en première lecture, deux textes majeurs visant à renforcer le pouvoir d’achat des étudiants et des seniors. Ces mesures interviennent sur fond de hausse du coût de la vie et de vieillissement de la population, deux enjeux sociaux sensibles. L’objectif est double : revaloriser les bourses étudiantes et limiter le non-recours à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa).
Le premier texte, porté par Soumya Bourouaha, propose une refonte complète des bourses sur critères sociaux, jugées insuffisantes pour soutenir la démocratisation de l’enseignement supérieur. Selon la députée, le dispositif « ne remplit plus son rôle historique » et doit s’adapter à la réalité économique des étudiants.
La réforme prévoit notamment l’indexation automatique des bourses sur l’inflation, afin de compenser la hausse du coût de la vie étudiante, qui a augmenté de près de 30 % depuis 2013. Les versements seront également annualisés, permettant aux étudiants de recevoir leur bourse 12 mois sur 12, au lieu de dix actuellement. Cette mesure vise à garantir une meilleure stabilité financière tout au long de l’année.
Le texte a été adopté à la quasi-unanimité, soutenu par les groupes de gauche et le Rassemblement national, tandis que Renaissance, Horizons, LR et UDR se sont abstenus, invoquant un coût pour les finances publiques estimé à plus de 500 millions d’euros, selon le ministre Philippe Baptiste.
L’Aspa adaptée pour réduire le non-recours
Le second texte concerne l’Aspa, allocation versée aux retraités modestes à partir de 65 ans. Elle complète la pension jusqu’à 1 043 euros pour une personne seule ou 1 620 euros pour un couple et touche près de 750 000 bénéficiaires. Malgré son importance, l’allocation souffre d’un non-recours massif, avec plus de 300 000 personnes éligibles n’en faisant pas la demande chaque année.
Pour y remédier, le texte instaure un forfait logement, ajustant l’Aspa pour les retraités propriétaires ou hébergés gratuitement et supprimant la récupération sur succession dans ces cas. Cette mesure devrait représenter quelques dizaines d’euros par bénéficiaire et rester neutre pour les finances publiques, tout en simplifiant l’accès à l’allocation pour les seniors.
Des mesures pour les ultramarins et l’accès aux soins
Un troisième texte, porté par Mereana Reid Arbelot, cible les inégalités d’accès aux soins pour les habitants des territoires ultramarins tels que la Polynésie ou Wallis-et-Futuna. De nombreux étudiants, travailleurs ou patients en évacuation sanitaire doivent avancer des frais lorsqu’ils se déplacent en métropole. La proposition prévoit la création d’un moyen d’identification électronique, similaire à la carte Vitale, pour garantir un accès simplifié aux droits sociaux et aux soins sur l’ensemble du territoire.
Ces trois textes devront désormais poursuivre leur parcours législatif au Sénat. S’ils sont adoptés, ils pourraient transformer concrètement le quotidien des étudiants et des seniors, tout en renforçant l’équité, la sécurité sociale et la protection des populations les plus vulnérables.








