Alors que le débat sur l’emploi des seniors domine les discussions sur les retraites, une nouvelle étude révèle que la véritable faiblesse du marché du travail français concerne les 16-29 ans. Contrairement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, leur taux d’activité est nettement inférieur, ralentissant l’accès au plein-emploi et pesant sur l’équilibre financier des retraites.
Selon le Conseil d’analyse économique (CAE), la France se distingue par une intégration plus lente des jeunes sur le marché du travail. Deux ans après la fin de leurs études, seuls 52 % des jeunes ayant arrêté l’école à 18 ans ont un emploi, contre 67 % en Allemagne et 82 % au Royaume-Uni. À 28 ans, l’écart n’est toujours pas totalement comblé, ce qui contribue à une insertion plus précaire sur le long terme.
Cette situation s’explique en partie par la proportion élevée de Neets, ces jeunes ni en emploi, ni en formation, qui sont 250 000 de plus en France qu’en Allemagne, expliquent Le Figaro. Ce phénomène expose de nombreux jeunes à une précarité durable, avec des conséquences économiques et sociales importantes.
Un apprentissage en pleine expansion mais mal ciblé
Depuis plusieurs années, l’apprentissage est mis en avant comme une solution pour faciliter l’entrée dans la vie active. Son développement a été encouragé par des réformes successives, permettant une forte augmentation du nombre d’apprentis. Toutefois, cet essor ne bénéficie pas forcément aux publics les plus en difficulté.
En 2024, 61 % des contrats d’apprentissage concernent des formations de niveau bac+2 ou plus, alors que ce dispositif était initialement conçu pour les formations courtes et les métiers manuels. Cette orientation vers des niveaux plus élevés laisse de côté une partie des jeunes les plus éloignés du marché du travail.
Réforme des lycées professionnels : un levier à renforcer l'emploi des jeunes
Le gouvernement a également engagé une réforme des lycées professionnels afin d’améliorer leur attractivité et leur efficacité. Aujourd’hui, moins de 40 % des jeunes diplômés d’un bac professionnel trouvent un emploi dans les six mois suivant leur formation.
Pour remédier à cette situation, l’exécutif a mis en place des bureaux des entreprises au sein des lycées, afin de mieux connecter les élèves au monde du travail. Certaines filières peu porteuses ont aussi été supprimées pour favoriser des formations mieux adaptées aux besoins des employeurs.
Un enjeu majeur pour l’avenir du modèle social
Derrière ces chiffres, c’est la soutenabilité du système social français qui est en jeu. Un taux d’emploi plus élevé chez les jeunes permettrait d’augmenter les cotisations sociales, essentielles au financement des retraites et de la protection sociale.
Si la France a réussi à améliorer l’emploi des 55-59 ans, elle doit désormais faire des 16-29 ans une priorité, sous peine de creuser encore davantage l’écart avec ses voisins européens. Pour y parvenir, des réformes ciblées sur l’insertion professionnelle rapide et une meilleure orientation des jeunes vers des filières porteuses semblent incontournables.








