Douche froide pour 14 millions de retraités du privé (Agirc-Arrco) : pas de hausse en novembre !

Les retraites complémentaires Agirc-Arrco ne seront pas revalorisées au 1er novembre.

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Retraite Agirc-Arrco
l. Crédit : AFP | Econostrum.info

Coup dur pour les quelque 14 millions de retraités du secteur privé. Les pensions complémentaires versées par l’Agirc-Arrco ne seront pas revalorisées au 1er novembre 2025, a annoncé l’organisme vendredi 17 octobre, à l’issue d’une réunion tendue entre syndicats et patronat. Faute d’accord entre les deux parties, aucune hausse ne sera appliquée cette année.

Chaque année, les représentants du personnel et des employeurs se réunissent pour décider du taux d’évolution des pensions complémentaires, en fonction de l’inflation et de la situation financière du régime. En cas d’échec des négociations, la règle prévoit que les pensions restent inchangées.

« Ce 17 octobre, faute d’accord entre les représentants des organisations patronales et syndicales qui le composent, les retraites complémentaires Agirc-Arrco ne seront pas revalorisées au 1er novembre. La valeur d’achat du point Agirc-Arrco ne sera pas modifiée au 1er janvier 2026 », indique le communiqué publié vendredi par l’organisme.

L’an dernier, les retraités du privé avaient pourtant bénéficié d’une hausse de 1,6 % au 1er novembre 2024. Cette année, la situation est différente : les discussions ont achoppé sur fond de tensions liées à la suspension de la réforme des retraites décidée par le gouvernement.

Le syndicats plaidaient pour un geste en faveur des retraités

L’Agirc-Arrco, qui gère les retraites complémentaires des salariés du privé, dispose d’importantes réserves (plus de 85 milliards d’euros) et d’une « règle d’or » garantissant à tout moment au moins six mois de versements des pensions.

Selon l’accord paritaire signé en 2023 pour la période 2024-2026, la revalorisation annuelle doit être inférieure de 0,4 point à l’inflation. Mais le conseil d’administration peut déroger à cette règle en cas de situation financière favorable. Avec une inflation estimée à 1 % pour 2025, le taux d’évolution pouvait donc être compris entre 0,2 % et 1 %.

Les syndicats plaidaient pour s’approcher de ce maximum, estimant que la solidité du régime permettait un geste en faveur des retraités, d’autant que le gouvernement envisage de « geler » les pensions de base en 2026 pour réduire les dépenses publiques.

Le patronat inflexible, les syndicats dénoncent un blocage

Mais la décision de Matignon de « suspendre » la réforme des retraites jusqu’à la présidentielle a crispé les discussions. Les représentants du patronat, inquiets de l’instabilité politique et économique, ont proposé le taux minimal de 0,2 % et refusé d’aller au-delà. Les syndicats ont rejeté cette proposition, la qualifiant d’« inacceptable ».

Dans un communiqué, la CFDT a dénoncé la « responsabilité du patronat » dans cet échec. Le syndicat estime que la revalorisation proposée était « totalement injustifiable ». « Les projections financières montrent qu’une revalorisation à 0,6 % était totalement soutenable. Avec une telle revalorisation, l’Agirc-Arrco restait financièrement à l’équilibre pour les 15 années à venir, avec des réserves continuant à croître », souligne la centrale réformiste.

Et d’ajouter : « Au moment où il est question de confier plus de responsabilités aux partenaires sociaux dans la gestion des retraites, le patronat fait, pour la seconde fois en 2025, la démonstration qu’il n’en est pas à la hauteur ».

Un gel inédit depuis la réforme du régime

Ce gel, une première depuis plusieurs années, illustre les tensions persistantes entre partenaires sociaux et met en lumière les incertitudes qui entourent la politique des retraites. À quelques mois de la présidentielle, cette absence d’accord pourrait aussi raviver les débats sur la gouvernance du système et sur la place laissée aux partenaires sociaux dans la gestion des retraites complémentaires.

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