Alors que la dette publique française ne cesse de progresser, les inquiétudes s’intensifient sur les marchés financiers. Si elle maintient la note souveraine de la France, l’agence de notation Fitch revoit néanmoins sa perspective à la baisse.
Le 30 octobre 2026, l’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la France à A+, tout en abaissant sa perspective de stable à négative. Concrètement, cette décision signifie que l’agence ne ferme pas la porte à une dégradation de la note de la France dans les prochains mois, bien que cette décision ne soit pas encore prise.
L’affaiblissement de la croissance économique, la détérioration des comptes publics et la hausse des rendements obligataires font partie des raisons qui ont poussé Fitch a revoir sa perspective. Selon l’Insee, le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre 2026, confirmant ainsi les grandes difficultés rencontrées par l’économie nationale.
Fitch prévoit une envolée de la dette publique d’ici 2028
L’agence a également revu ses projections budgétaires. Elle prévoit que la dette publique passera de 115,7 % du PIB en 2025 à environ 124 % en 2028. Cette trajectoire traduit une progression de l’endettement rapporté à la richesse produite par le pays. Pour 2027, Fitch anticipe un déficit public de 5,5 % du PIB, notamment en raison d’une croissance moins dynamique et du risque de compromis politiques entraînant des dépenses supplémentaires.
Cette révision de perspective, publiée en dehors du calendrier habituel, constitue donc un avertissement sur l’évolution des finances françaises. Elle ne correspond pas, à ce stade, à une baisse effective de la note souveraine.
Le gouvernement tente de rassurer face au risque de dégradation
La décision de Fitch arrive à un moment où le budget 2027 alimente les débats au sein de l’Assemblée nationale. En effet, le gouvernement doit trouver des pistes sérieuses pour faire reculer le déficit, un plan d’économies de 54 milliards avait été annoncé. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a réagi en soulignant la nécessité d’adopter un budget responsable avant la fin de l’année.
Selon les informations rapportées, les députés de la commission des finances ont adopté près de 49 milliards d’euros de dépenses supplémentaires, alimentant les interrogations sur l’équilibre du futur budget. Malgré ces inquiétudes, Fitch souligne plusieurs atouts de l’économie française, l’agence cite notamment sa taille, sa diversification, la solidité de ses institutions, son appartenance à la zone euro et la résistance de son secteur bancaire.
Pour la France, l’enjeu sera désormais de convaincre les investisseurs de sa capacité à réduire durablement ses déficits. Une dégradation ultérieure de la note pourrait peser sur ses conditions d'emprunt, même si les taux dépendent également de la politique monétaire et de la situation des marchés financiers.








