Déficit des retraites : et si la solution était d’augmenter les salaires des femmes ?

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, affirme que l’égalité salariale entre femmes et hommes permettrait d’équilibrer les régimes de retraite.

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Salaire
Salaires : les femmes gagnent 14,2 % de moins que les hommes. Crédit : Canva | Econostrum.info

Lors d’un débat sur BFMTV-RMC, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a défendu l’idée que l’égalité salariale entre femmes et hommes pourrait combler le déficit des retraites. Face à Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, elle a dénoncé une différence de rémunération encore trop importante et appelé à une revalorisation des métiers féminisés. 

Selon les dires de Sophie Binet sur BFMTV, les femmes gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes. Cette inégalité s’explique par plusieurs facteurs : le temps partiel, la concentration des femmes dans certains secteurs moins rémunérés et les écarts salariaux à poste égal.

Amir Reza-Tofighi nuance ce constat. Il reconnaît un écart global de 23 %, mais précise qu’il tombe à 14 % en tenant compte du temps de travail et à 4 % à poste équivalent. Selon lui, l’application immédiate de l’égalité salariale ne pourrait pas, à elle seule, garantir le financement du système des retraites.

Un impact potentiel sur les retraites

D’après la CGT, combler cet écart de rémunération permettrait d’augmenter les recettes des cotisations sociales et ainsi de résorber le déficit des retraites. Sophie Binet affirme que cette mesure financerait en partie l’abrogation de la réforme des retraites et améliorerait la situation économique des femmes, souvent précaires en raison du travail à temps partiel.

Amir Reza-Tofighi estime que cette solution est simpliste, rappelant que l’économie ne peut pas absorber une augmentation généralisée des salaires du jour au lendemain. Selon lui, il est illusoire de penser que tous les métiers à temps partiel passeront à temps plein d’un coup, et il prévient que l’équilibre salarial pourrait aussi entraîner une baisse des salaires masculins dans certains secteurs.

Un débat qui pose la question de la valorisation des métiers féminins

Au-delà de la stricte question salariale, Sophie Binet met en avant un problème plus large : la faible valorisation des métiers où les femmes sont majoritaires, comme l’aide à domicile ou la grande distribution. Elle souligne que ces emplois sont souvent précaires, faiblement rémunérés et occupés en grande partie par des femmes en situation de vulnérabilité.

Elle appelle à une revalorisation de ces professions, ainsi qu’à une réforme du temps partiel, qui enferme de nombreuses salariées dans une précarité durable. De son côté, Amir Reza-Tofighi reconnaît l’importance du sujet, mais estime que la solution passe davantage par une évolution progressive du marché du travail plutôt qu’un ajustement immédiat des salaires.

Si l’égalité salariale fait consensus sur le principe, son application concrète et son impact réel sur le financement des retraites restent des sujets de débat entre syndicats et patronat.

1 réflexion au sujet de « Déficit des retraites : et si la solution était d’augmenter les salaires des femmes ? »

  1. Oui Sophie. Mais les entreprises refuseront. Il faudra baisser simultanément les salaires des hommes.

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