Déficit commercial : 7,3 milliards d’euros en mars, la France s’enfonce dans le rouge

Le déficit commercial français continue de s’aggraver en 2025, révélant des fragilités persistantes dans les échanges extérieurs.

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Déficit commercial
Déficit commercial : 7,3 milliards d’euros en mars, la France s’enfonce dans le rouge. Crédit : Canva | Econostrum.info

Le commerce extérieur de la France continue de refléter un déséquilibre persistant entre les exportations et les importations, avec un déficit qui se creuse davantage. Les dernières données publiées par les Douanes pour le mois de mars témoignent d’une tendance peu favorable pour l’économie nationale, malgré quelques signes de stabilité dans certains secteurs.

En mars 2025, le déficit commercial de la France s’est aggravé, atteignant 7,3 milliards d’euros, contre 6,7 milliards en février, rapporte BFMTV. Cette dégradation de 600 millions d’euros s’explique par une progression déséquilibrée entre exportations et importations. Les ventes françaises à l’étranger ont légèrement augmenté de 200 millions d’euros, atteignant 51 milliards, tandis que les achats de biens étrangers ont progressé de 800 millions, pour s’établir à 58,3 milliards d’euros. Sur douze mois glissants, le solde commercial cumulé reste profondément négatif, à 81,1 milliards d’euros.

Un déficit commercial impacté par le secteur de l’énergie qui est toujours en tension

Le solde énergétique, bien que légèrement amélioré, reste un facteur de déséquilibre majeur. En mars, il s’établit à 4,7 milliards d’euros de déficit, en recul de 300 millions. Ce repli s’explique par des évolutions contrastées : les volumes exportés ont augmenté de 5,7 %, mais les prix à l’export ont chuté de 9,5 %. À l’inverse, du côté des importations, les volumes ont progressé de 5,3 %, tandis que les prix ont reculé de 2,4 %. Ces variations soulignent la volatilité du marché énergétique et son poids dans les comptes extérieurs français.

Hors énergie, le déficit atteint 4,3 milliards d’euros, en hausse de 300 millions. Cette dégradation est principalement liée au secteur des produits manufacturés, dont le solde négatif s’élève à 4,5 milliards d’euros. Le déficit sur les biens d’investissement progresse de 200 millions, à 1,8 milliard d’euros. Les soldes des biens intermédiaires (2,1 milliards) et biens de consommation (600 millions) restent stables. Le déficit agricole, lui, demeure inchangé à 100 millions d’euros.

Un léger redressement du compte courant

En parallèle, la Banque de France signale un excédent des transactions courantes de 1,4 milliard d’euros en mars, contre un déficit de 1,6 milliard en février. Ce résultat, corrigé des variations saisonnières, constitue un indicateur partiellement positif, mais ne modifie pas l’état globalement déficitaire du commerce extérieur. Il reflète avant tout une amélioration ponctuelle, portée par certains flux de services ou de revenus. Ce léger redressement reste insuffisant pour compenser les déséquilibres structurels du commerce de biens.

L’année 2025 s’annonce donc difficile pour le commerce extérieur français, et le creusement du déficit enregistré en mars en est une nouvelle illustration. Dans un contexte marqué par la hausse des importations, la fragilité du secteur manufacturier et une dépendance énergétique persistante, la France peine toujours à rééquilibrer ses échanges.

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