Crédit immobilier : vers une baisse des taux sous les 3 % prochainement ?

Les taux de crédit immobilier en France, en baisse depuis 2024, devraient atteindre 2,85 % à l’été 2025 avant de se stabiliser. Cette amélioration, soutenue par la baisse de l’inflation et les politiques de la BCE, pourrait redynamiser le marché, malgré un contexte économique marqué par une faible croissance et un chômage accru.

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Une maison en miniature et des pièces de monnaie empilées les unes sur les autres pour illustrer les taux de crédit immobilier
Crédit immobilier : combien pouvez-vous emprunter en février 2025 avec la baisse des taux ? | Econostrum.info

En France, les taux de crédit immobilier, qui avaient quadruplé entre 2022 et 2023, amorcent une baisse progressive depuis début 2024. Actuellement, en janvier 2025, le taux moyen des prêts à l’habitat s’établit à 3,24 %, contre plus de 4 % à la fin de 2023. Cette diminution résulte principalement d’un ralentissement de l’inflation, qui a permis à la Banque centrale européenne (BCE) de réduire ses taux directeurs.

Selon Michel Mouillart, professeur d’économie et membre de l’observatoire Crédit Logement/CSA, cette tendance devrait se poursuivre au moins jusqu’à l’été 2025, où les taux pourraient atteindre environ 2,85 %. Cela offrirait une bouffée d’air aux ménages ayant vu leur capacité d’emprunt réduite au cours des dernières années.

Une stabilisation des taux de crédit immobilier après l’été

Le recul de l’inflation, attendu à 1,7 % d’ici fin 2025, continue de jouer un rôle central dans la réduction des taux. La BCE, qui a déjà abaissé ses taux directeurs de 100 points de base en 2024, prévoit une nouvelle baisse de 75 points en 2025. Ces ajustements contribuent à la détente des taux d’emprunt bancaire.

Cependant, Michel Mouillart anticipe une stabilisation des taux immobiliers après l’été 2025, à un niveau moyen de 2,85 %. Ce taux correspond aux conditions observées en 2014, avant les baisses massives enregistrées jusqu’en 2021. Bien qu’il soit supérieur aux niveaux record de 1 %, ce seuil reste considéré comme « raisonnable » pour le marché.

Cette stabilisation pourrait toutefois être impactée par des pressions extérieures, notamment la hausse des coûts d’emprunt pour l’État français sur les marchés internationaux. Actuellement au-dessus de 3 %, ces coûts influencent les conditions de financement des banques et pourraient freiner une baisse supplémentaire des taux immobiliers.

Un marché sous tension malgré des taux attractifs

Bien que la baisse des taux soit une bonne nouvelle pour les emprunteurs, la conjoncture économique globale demeure préoccupante. La croissance française est estimée à moins de 1 % pour 2025, et une hausse du chômage pourrait freiner les intentions d’achat immobilier. Michel Mouillart alerte sur une érosion possible du pouvoir d’achat immobilier des ménages, qui reste limité par l’augmentation des prix et la stagnation des revenus.

Malgré ces contraintes, le retour à des taux stables et modérés permettrait au marché de retrouver un certain équilibre. Les ménages, bien que prudents, pourraient à nouveau envisager des projets immobiliers à moyen terme, soutenant ainsi une reprise progressive du secteur.

Ce scénario met en lumière l’importance des politiques monétaires et économiques pour maintenir des conditions favorables à l’investissement immobilier, tout en assurant la stabilité financière des ménages et des institutions bancaires.

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