Les demandeurs d’emploi doivent désormais composer avec un nouveau régime de sanctions plus structuré et plus strict. Publié ce samedi 31 mai, le décret d’application de la loi plein-emploi introduit une suspension partielle des allocations chômage dès le premier manquement, marquant un tournant dans la gestion des droits et devoirs des chômeurs.
Le texte introduit un principe simple : en cas de manquement à ses obligations, un demandeur d’emploi pourra voir ses allocations suspendues, et non plus automatiquement supprimées. Cette suspension portera sur au moins 30 % du montant de l’allocation mensuelle, pour une durée allant de un à deux mois. Elle pourra concerner plusieurs situations : absence d’actualisation mensuelle, non-participation à une formation, refus d’un accompagnement personnalisé ou d’une offre d’emploi jugée raisonnable.
Contrairement à la radiation sèche, ce mécanisme est présenté comme incitatif : le lien avec France Travail est maintenu, et la personne est encouragée à se remobiliser pour récupérer ses droits. Si le demandeur d’emploi régularise rapidement sa situation, les sommes suspendues peuvent être reversées rétroactivement.
Des sanctions plus lourdes contre ceux qui touchent le chômage en cas de récidive
Le décret prévoit également une graduation des sanctions. En cas de récidive ou d’inaction prolongée après une première suspension, la réponse administrative devient plus stricte. La suspension pourra atteindre quatre mois, avec toujours un retrait minimum de 30 % des allocations. Cette sanction s’accompagne alors d’une radiation temporaire de la liste des demandeurs d’emploi, impliquant une interruption du suivi par France Travail.
Cette radiation est réversible, mais conditionnée à une reprise effective des engagements du demandeur d’emploi. En d’autres termes, l’individu retrouve ses droits uniquement s’il démontre une volonté de se conformer au contrat d’engagement réciproque. Cette conditionnalité est présentée par le ministère du Travail comme un outil pour réintroduire une logique d’effort, dans un système d’indemnisation jugé parfois trop permissif.
Comment éviter les sanctions : vigilance et engagement
Pour ne pas subir ces sanctions, plusieurs règles simples sont à respecter. Actualiser sa situation mensuellement, répondre aux convocations, suivre les formations proposées, et ne pas refuser sans motif une offre raisonnable. France Travail attend de chaque inscrit un engagement actif dans son parcours. En cas de difficulté ou de doute, il est conseillé de prendre contact rapidement avec son conseiller, afin de prévenir plutôt que subir.
Avec ces nouvelles règles, le gouvernement souhaite envoyer un signal clair : les allocations chômage ne sont pas automatiques, elles sont conditionnées à une démarche active de recherche ou de préparation à l’emploi. Si la radiation n’est plus systématique, les nouvelles sanctions peuvent peser lourdement sur les revenus des allocataires, dès le premier manquement.
Ce cadre rénové marque une étape importante dans le durcissement des politiques de contrôle des chômeurs. Il vise à renforcer l’efficacité de l’accompagnement, mais aussi à éviter les effets d’aubaine, en ciblant prioritairement les personnes qui refusent de s’inscrire dans un parcours d’insertion. Pour les demandeurs d’emploi, le message est désormais explicite : tout manquement aura un coût, immédiat et progressif.








