En 2026, le marché de l'emploi en France présente une situation paradoxale. Alors que le taux de chômage ne cesse d’augmenter, de nombreuses entreprises peinent toujours à embaucher de nouveaux travailleurs.
Selon Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, 44 % des entreprises françaises déclarent rencontrer des difficultés importantes pour ce qui est des recrutements. Dans le bâtiment, cette proportion grimpe à 66 %. Malgré un contexte économique tendu, entre 200 000 et 300 000 emplois resteraient non pourvus, d’après les estimations présentées dans une interview accordée à La Tribune Dimanche et citées par BFMTV.
Derrière ces difficultés, plusieurs facteurs sont avancés. Dans le détails, on peut notamment citer les écarts entre les compétences recherchées et les profils disponibles, la localisation des postes ou les conditions de travail proposées. Dans certaines branches, le manque cruel de candidats et la progression du chômage peuvent coexister.
Avec ces données, France Travail veut rapprocher les employeurs des candidats. Selon son directeur général, l’organisme parvient à pourvoir 92 % des offres qui lui sont confiées, avec un délai moyen passé de 35 à 22 jours. Le service France Travail Pro réaliserait également 6 000 recrutements quotidiens, grâce notamment au renforcement des échanges avec les entreprises.
Le nombre de contacts avec les employeurs est ainsi passé de 100 000 en 2023 à 400 000 en 2025. L’organisme utilise également l’intelligence artificielle pour rapprocher les candidatures des offres disponibles. Ces résultats contrastent avec les données d’Indeed, qui relève une baisse de 16,6 % des offres d'emploi sur un an et un recul de trois points de la part des CDI en deux ans.
Une situation préoccupante malgré un taux d'emploi élevé pour les jeunes
En France, les jeunes font partie des catégories qui sont les plus affectées par la dégradation du marché de l'emploi. Selon les données citées par l’Insee, les bénéficiaires du RSA et les 15-29 ans contribuent ensemble à près de la moitié de la hausse du chômage. Le taux d'emploi des moins de 25 ans reste également faible en France, autour de 35 %, contre 43 % en Europe.

Thibaut Guilluy évoque notamment les difficultés d’orientation et le développement insuffisant du travail étudiant. Il souligne qu’environ un étudiant sur deux échoue en première année universitaire, une situation qui peut compliquer les parcours vers l'emploi. Les jeunes doivent également composer avec le recul des recrutements dans certaines activités, notamment le design et la création artistique.
Le directeur général de France Travail insiste néanmoins sur la progression du taux d'emploi des 15-64 ans, passé de 65,5 % en 2017 à près de 70 % en 2026. Contrairement au taux de chômage, qui rapporte les personnes sans emploi à la population active, le taux d'emploi représente la part des personnes qui travaillent dans l’ensemble d’une classe d’âge.
Pour répondre aux difficultés des jeunes, le gouvernement a présenté un plan visant à porter le taux d'emploi des 15-24 ans à 40 % d’ici 2030, sans nouveaux moyens financiers annoncés. Cet objectif intervient alors que certains métiers continuent de recruter, notamment dans la restauration, la propreté et la santé.








