Un retraité de 87 ans intoxiqué par ses granulés de bois stockés au sous-sol : l’Anses alerte sur un danger invisible sans combustion

L’Anses alerte que les granulés stockés peuvent émettre du monoxyde de carbone et provoquer des intoxications graves voire mortelles

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Granulés
Chauffage au bois : l’Anses met en garde contre un danger mortel lié aux granulés stockés.- Crédit : Canva | Econostrum.info

Le stockage de granulés de bois utilisés pour les poêles et chaudières peut entraîner des émissions de monoxyde de carbone, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Ce gaz, invisible et inodore, peut provoquer des intoxications, y compris en l’absence de combustion.

L’Anses indique que les pellets peuvent libérer du monoxyde de carbone lorsqu’ils sont entreposés. Ce phénomène est lié à un processus naturel : « les granulés peuvent émettre du CO sans combustion, par auto-échauffement résultant d’une oxydation naturelle des acides gras du bois ». Cette émission peut survenir dans des espaces fermés ou mal ventilés, où le gaz peut s’accumuler et atteindre des concentrations élevées sans être détecté.

Le monoxyde de carbone est un gaz toxique qui peut entraîner des symptômes rapides. L’agence précise qu’il « peut entraîner, dans les cas les plus graves, un coma, des convulsions avec une détresse respiratoire » voire « la mort rapide » de la personne qui y est exposée. Ces effets peuvent apparaître sans signe préalable perceptible, en raison du caractère indétectable du gaz.

Recommandations de stockage de granulés et cas d’intoxication recensé

Un cas survenu en 2025 dans le Haut-Rhin illustre ce risque. Un homme de 87 ans avait stocké quatre tonnes de granulés de bois dans le sous-sol de son habitation, sans séparation avec les autres pièces. Le monoxyde de carbone émis par les pellets s’est diffusé dans le logement, entraînant son intoxication. Il a été pris en charge par les secours puis hospitalisé après l’intervention des services d’urgence.

Face à ces situations, l’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande de stocker les granulés dans un espace distinct du logement. Cet espace doit être isolé des pièces de vie et disposer d’une ventilation adaptée afin de limiter l’accumulation de gaz. L’objectif est de réduire les concentrations de monoxyde de carbone dans les zones occupées et d’éviter sa propagation vers les espaces de vie.

L’Anses précise également les signes pouvant alerter. « Si une personne présente simultanément des céphalées, nausées et vertiges d’apparition soudaine, une intoxication par du CO doit être suspectée ». Dans ce cas, il est indiqué « il faut alors aérer les pièces de vie, évacuer les lieux et appeler les secours ». Ces recommandations s’appliquent à toute suspicion d’exposition.

En France, plus de deux millions de foyers utilisent des équipements fonctionnant aux granulés de bois. L’alerte porte sur les conditions de stockage de ce combustible et sur les risques associés à une mauvaise ventilation des espaces où il est entreposé, notamment dans les habitations individuelles équipées de zones de stockage intégrées.

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