Même en cas d’accord entre Washington et Téhéran et de réouverture du détroit d’Ormuz, les prix des carburants ne devraient pas refluer immédiatement. L’annonce d’un traité de paix constituerait un signal susceptible de faire baisser le cours du baril, mais l’effet sur les prix à la pompe resterait progressif.
Les exploitants de stations-service doivent écouler leurs stocks avant d’adapter les prix. Vendre un carburant acquis à un prix élevé à un tarif inférieur reviendrait à vendre à perte. Il faudra donc plusieurs jours pour que les changements sur les marchés internationaux se traduisent dans les stations.
Par ailleurs, de nombreuses installations pétrolières dans le golfe ont été endommagées par la guerre. Leur reconstruction nécessitera plusieurs semaines, voire plusieurs mois, ce qui maintiendra l’instabilité sur les marchés mondiaux du pétrole. La reconstruction exige également des financements.
L’Iran demande le dégel d’environ 100 milliards de dollars d’avoirs bloqués en Europe, en Chine et au Japon, incluant des biens immobiliers et des placements financiers, pour financer cette reconstruction. Ces fonds sont jugés nécessaires pour remettre en service les installations et garantir la production future de pétrole sur le marché international.
Maintien des aides aux carburants et accélération de l’électrification
Le gouvernement français prévoit de prolonger ses aides aux consommateurs et aux professionnels. Même si les cours du pétrole diminuent, il est peu probable de retrouver les prix d’avant-guerre, lorsque le baril se négociait entre 60 et 70 dollars. Les prix devraient rester élevés, avec un baril autour de 90 dollars et des carburants pouvant se situer autour de deux euros le litre. Les aides doivent limiter l’impact de cette hausse sur la consommation et l’activité économique sur les trois prochains mois, en particulier pour les ménages et les entreprises fortement dépendants des carburants.
Parallèlement, le gouvernement poursuit l’électrification du pays pour réduire la dépendance au pétrole. Emmanuel Macron, président de la République française, réunira le mardi 26 mai ce qu’il appelle « l’équipe de France de l’électricité ». Plus de 200 entreprises, dont E.Leclerc, EDF et Engie, sont attendues à l’Élysée pour examiner les moyens d’accélérer le développement des infrastructures électriques et des solutions d’énergies alternatives.
Le gouvernement souhaite que cette transition énergétique permette de réduire à terme la sensibilité du pays aux fluctuations des marchés pétroliers internationaux. Ces mesures s’accompagnent de plans visant à soutenir les ménages et les professionnels, tout en préparant l’adoption de solutions d’énergies durables, afin de garantir un approvisionnement stable et sécurisé dans un contexte de volatilité persistante.








