Les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi visant à indexer les bourses étudiantes sur l’inflation. Le texte prévoit également un changement du calendrier de versement, avec une extension sur douze mois incluant juillet et août.
Le gouvernement s’oppose à cette seconde mesure. Sur le site officiel Service-public.fr, les montants des bourses sur critères sociaux pour l’année universitaire 2026-2027 restent identiques à ceux de l’année précédente. Selon les informations disponibles, ces montants n’ont pas évolué depuis l’année universitaire 2023-2024. Dans le même temps, l’inflation cumulée est estimée à 5,1 % entre septembre 2023 et la période actuelle.
Les bourses étudiantes sont attribuées par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS). Leur revalorisation intervient de manière ponctuelle et ne suit pas un mécanisme automatique d’ajustement annuel.
Une proposition de revalorisation automatique des bourses étudiantes adoptée à l’Assemblée nationale
Le texte adopté a été présenté par la députée Soumya Bourouaha, députée du groupe communiste et auteure d’un rapport parlementaire sur les aides aux étudiants publié en 2025. La proposition a été adoptée en première lecture par 75 voix contre 1.
Elle prévoit que les bourses soient revalorisées chaque année en fonction de l’inflation. Actuellement, les montants ne suivent pas systématiquement l’évolution des prix. Les aides étudiantes sont versées selon des barèmes définis par l’État et ajustés de manière irrégulière.
Soumya Bourouaha, députée du groupe communiste, a déclaré : « Les dépenses d’alimentation, de transport, de matériel informatique, ainsi que celles liées à la préparation de la rentrée continuent de peser ».
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, qui pourra le modifier ou le rejeter
Une seconde mesure prévoit d’étendre le versement des bourses sur douze mois, contre dix actuellement. Cette disposition mettrait fin à l’interruption des paiements en juillet et août, en place depuis 2002. Avant cette date, le versement était limité à neuf mois.
Selon la députée Soumya Bourouaha, cette évolution est liée aux dépenses continues des étudiants, notamment pour l’alimentation, les transports et les coûts liés à la rentrée universitaire. Le coût global des mesures est estimé à 542 millions d’euros par an, dont 112 millions pour l’indexation des bourses étudiantes sur l’inflation et 430 millions pour l’extension du versement.
Des divergences sur le financement et la mise en œuvre
Le gouvernement ne s’oppose pas au principe d’une indexation des bourses sur l’inflation, mais rejette l’extension du versement sur douze mois. Plusieurs députés du camp présidentiel estiment que le coût de la mesure est élevé dans un contexte de réduction des dépenses publiques.
Le député Charles Sitzenstuhl, du groupe Ensemble pour la République, avait déposé un amendement visant à supprimer cette disposition, mais celui-ci a été rejeté. Lors du vote final, les députés du groupe présidentiel se sont abstenus. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, où une majorité différente pourrait conduire à des modifications ou à une suppression de certaines mesures.








