Wallonie : la pression fiscale grimpe déjà dans sept communes en 2025

Après les élections d’octobre, sept communes wallonnes relèvent leur fiscalité locale, principalement via l’IPP, pour préserver leurs équilibres budgétaires.

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Fiscalité en Wallonie
Wallonie : la pression fiscale grimpe déjà dans sept communes en 2025 : Crédit : Forum For The Future | Econostrum.info - Belgique

À la suite des élections communales d’octobre 2024, sept communes wallonnes ont décidé d’augmenter leurs taxes locales pour 2025. La majorité de ces hausses concerne l’impôt sur les personnes physiques (IPP), principale source de recettes avec le précompte immobilier. 

Cette décision marque le début d’un probable mouvement plus large de redéfinition fiscale, dans un contexte de pression budgétaire accrue. Ces choix illustrent les difficultés persistantes des administrations locales à maintenir un équilibre entre services publics et soutenabilité financière.

L’IPP, principal levier activé pour rétablir les équilibres locaux

Les communes de La Hulpe, Jodoigne, Limbourg, Houffalize, Frasnes-lez-Anvaing, Cerfontaine et Tintigny ont procédé à des hausses fiscales, principalement via l’IPP, d’après L’Avenir. Ce type de taxation, proportionnel au revenu des ménages, est souvent privilégié par les communes pour sa capacité à générer rapidement des recettes importantes. Il représente, avec le précompte immobilier, 40 à 45 % des revenus d’une commune. Ces deux taxes constituent les leviers fiscaux majeurs à disposition des autorités locales.

La hausse de l’IPP dans ces communes s’inscrit dans un contexte budgétaire marqué par une série de chocs successifs. Entre 2018 et 2024, les communes ont dû faire face à une crise sanitaire, une flambée des coûts énergétiques liée à l’invasion de l’Ukraine, et une inflation forte, impactant tant les dépenses que les recettes. Selon le dernier rapport de Belfius, les villes et communes ont montré une certaine résilience durant cette période. Cette stabilité relative est notamment due à l’indexation automatique des salaires — qui augmente mécaniquement les recettes issues de l’IPP — ainsi qu’à l’ajustement du revenu cadastral, qui impacte le précompte immobilier.

L’activation de l’IPP après les élections municipales est une tendance récurrente, souvent observée au début d’une nouvelle mandature. Ces décisions fiscales, parfois impopulaires, sont en général plus facilement prises dans les premiers mois d’un mandat, lorsque les équipes communales cherchent à poser les bases financières de leur législature. À Herve, l’échevin des Finances Philippe Dumoulin rappelle que ces taxes servent à « maintenir notre équilibre financier ainsi que la qualité de nos bâtiments et infrastructures ». La hausse n’est donc pas perçue comme une opportunité d’investissement supplémentaire, mais comme une nécessité de maintien.

Le précompte immobilier dans le viseur de la Région, mais encore largement dépassé

Parmi les sept communes ayant relevé leurs taxes locales, seule La Hulpe a également procédé à une hausse du précompte immobilier, une taxe qui repose sur la valeur cadastrale des biens. Si cette taxe reste moins fréquemment ajustée que l’IPP, elle a un impact direct sur les propriétaires et soulève donc des débats plus sensibles au niveau local.

Aujourd’hui, 96 communes wallonnes affichent un taux de centimes additionnels au précompte immobilier supérieur aux 2.600 centimes recommandés par la Région wallonne. Ce dépassement généralisé montre que de nombreuses communes ont déjà utilisé ce levier pour compenser les effets de la crise économique sur leurs finances. La Hulpe, en rejoignant ce groupe en 2025, témoigne d’une orientation plus marquée vers l’ajustement de la fiscalité foncière.

Les raisons invoquées pour ces hausses sont similaires à celles mentionnées pour l’IPP : hausse des coûts de fonctionnement, inflation persistante, et volonté de maintenir un niveau de service jugé acceptable. L’indexation du revenu cadastral, qui influence mécaniquement le montant du précompte, renforce par ailleurs les recettes locales sans action directe des communes, mais certaines choisissent d’y ajouter une hausse délibérée des centimes additionnels pour sécuriser leurs budgets.

Cette situation soulève des interrogations sur la coordination entre politiques régionales et stratégies locales. Alors que la Région fixe des lignes directrices, comme le plafond des 2.600 centimes, les communes franchissent souvent ce seuil, faute de transferts financiers suffisants ou de marges de manœuvre alternatives. Il en résulte une fiscalité locale de plus en plus hétérogène, où le lieu de résidence influence fortement la pression fiscale supportée par les ménages.

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