En raison de la guerre au Moyen-Orient, la Belgique fait face à des hausses de prix significatives, en particulier dans le secteur énergétique. Dans ce contexte, l’organisation patronale Voka plaide pour l’instauration d’un « saut d’index général » afin de protéger les entreprises des impacts financiers de cette crise. Mais cette mesure soulève des interrogations sur ses effets à long terme, tant pour les entreprises que pour les travailleurs.
Le Voka, représenté par son administrateur délégué Frank Beckx, demande au gouvernement fédéral de préparer un saut d’index général afin de limiter les hausses salariales automatiques en réponse à l’inflation. Ce type de mesure avait déjà été appliqué en 2015 sous le gouvernement Michel pour réduire l’écart salarial avec les pays voisins. Le principe d’un saut d’index consiste à ne pas appliquer les premiers 2% d’augmentation salariale lors de la prochaine indexation, ce qui permettrait d’alléger la charge des entreprises confrontées à des coûts salariaux en constante augmentation.
Voka explique que l’indexation des salaires, bien qu’elle protège le pouvoir d’achat des travailleurs, pèse lourdement sur les finances des entreprises, notamment dans des secteurs déjà fragilisés par la crise énergétique et les tensions géopolitiques. Selon l’organisation, sans cette mesure, les entreprises belges pourraient se retrouver dans une position économique intenable, avec davantage de faillites et de licenciements.
L’impact de la guerre au Moyen-Orient
La guerre en cours au Moyen-Orient a exacerbé la hausse des prix de l’énergie, en particulier du gaz et du pétrole, alimentant l’inflation et augmentant les coûts de production pour les entreprises. Les salaires en Belgique étant automatiquement indexés à l’inflation, cette situation pourrait conduire à une spirale d’augmentations salariales qui, pour certaines entreprises, deviendrait « le choc de trop », selon Voka. Ces hausses seraient difficilement absorbées par des entreprises déjà soumises à une concurrence accrue, notamment dans le secteur de l’industrie manufacturière et de la distribution.
Un saut d’index général pour éviter des répercussions graves
Le Voka estime que l’instauration d’un saut d’index est cruciale pour donner « un peu d’oxygène » aux entreprises. Frank Beckx, le responsable de l’organisation patronale, avertit que sans cette mesure, le fardeau économique de la crise retombera entièrement sur les entreprises, mettant en péril la compétitivité du pays. Il souligne également que la baisse de la compétitivité des entreprises nuira, à terme, au pouvoir d’achat des ménages belges, une situation qu’il souhaite éviter, rapporte le Soir.
Cependant, la proposition de Voka suscite des critiques, notamment de la part des syndicats et d’autres experts économiques. Certains estiment qu’un saut d’index réduirait le pouvoir d’achat des travailleurs à long terme et aggraverait les inégalités. Pour d’autres, il s’agit d’une solution nécessaire pour maintenir l’économie belge compétitive sur le plan international, en particulier face aux hausses de coûts imprévues liées aux crises géopolitiques.








