L’annonce de Donald Trump ce samedi 12 juillet marque une escalade majeure dans les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne. Le président américain a décidé d’imposer des droits de douane de 30 % sur l’ensemble des importations européennes, avec une entrée en vigueur fixée au 1er août.
Cette décision, justifiée par un déséquilibre commercial persistant entre les deux blocs, suscite de vives réactions en Belgique, pays exportateur fortement dépendant de ses débouchés américains. Bruxelles tente de contenir la crise par des négociations de dernière minute, tandis que le secteur privé belge tire la sonnette d’alarme.
Un coup dur pour les entreprises belges exportatrices
La Belgique est l’un des États membres de l’Union européenne les plus exposés aux conséquences de la nouvelle politique douanière américaine. En 2023, ses exportations vers les États-Unis ont atteint plus de 22 milliards d’euros, comprenant des produits issus des secteurs de la chimie, de la technologie et de la construction mécanique. L’annonce de droits de douane de 30 % constitue un changement de cap brutal dans les discussions transatlantiques, alors que les négociateurs évoquaient encore récemment un plafond de 10 %.
Pour la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), il s’agit d’un véritable séisme économique. Dans un communiqué publié samedi, la FEB se dit « profondément inquiète » et souligne un impact direct et indirect sur l’économie belge, selon RTBF. Plusieurs filières, dont les composants technologiques et les machines-outils, dépendent de chaînes d’approvisionnement imbriquées à l’échelle européenne. « C’est un coup dur pour notre position à l’exportation et pour l’emploi », affirme la FEB, qui appelle à une désescalade immédiate.
Même tonalité du côté de la fédération technologique Agoria, qui évoque une « catastrophe économique » imminente si aucun accord n’est trouvé avant le 1er août. Son CEO, Bart Steukers, insiste sur la nécessité d’approfondir le marché intérieur européen, et cite les chiffres du Fonds Monétaire International : les obstacles internes à l’UE sont encore équivalents à des droits de douane de 44 % sur les biens et 110 % sur les services. Pour Agoria, la situation actuelle souligne aussi l’urgence de conclure de nouveaux accords commerciaux, notamment avec le Canada (Ceta), le Mercosur, le Mexique ou encore l’Australie.
La Belgique se retrouve donc en position de vulnérabilité, entre une administration américaine imprévisible et une Union européenne encore divisée sur la stratégie de réponse. L’hypothèse d’une réduction de production, voire de fermetures d’unités industrielles belges, n’est plus exclue par les syndicats, qui redoutent un impact rapide sur l’emploi manufacturier.
Négociations de dernière chance à Bruxelles et Washington
À Bruxelles, l’annonce américaine a accéléré le calendrier diplomatique. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a confirmé la volonté de poursuivre les discussions jusqu’à la date butoir du 1er août. Bien que la mesure de Donald Trump soit annoncée comme définitive, l’UE considère qu’un compromis reste possible, rappelant que ce ne serait pas la première fois que le président américain fait marche arrière.
Parallèlement, l’Union européenne prépare déjà une riposte ciblée. Un premier paquet de droits de rétorsion, d’une valeur estimée à 21 milliards d’euros, avait été établi au printemps comme mesure dissuasive. Les 27 ambassadeurs européens doivent se réunir dimanche, avant une session extraordinaire des ministres du Commerce lundi, pour décider de l’application ou non de cette réponse. Le dilemme est clair : riposter maintenant, au risque d’un conflit commercial généralisé, ou prolonger la période de grâce pour tenter de sauver les négociations.
La situation est d’autant plus délicate que, selon les données du Bureau du représentant américain au commerce, les États-Unis ont affiché en 2024 un déficit commercial de 236 milliards de dollars avec l’Union européenne, en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. L’Union a exporté pour 606 milliards de dollars de biens vers les États-Unis, un chiffre utilisé par la Maison-Blanche pour justifier cette décision.
Les responsables européens tentent désormais de convaincre l’administration américaine qu’une telle mesure serait contre-productive, y compris pour les consommateurs américains, qui verraient les prix augmenter. Mais les marges de manœuvre sont étroites. Certains États membres prônent la fermeté, d’autres appellent à éviter une escalade tarifaire qui pourrait déstabiliser l’économie mondiale.








