Les travailleurs belges figurent parmi les plus assidus d’Europe, se classant dans le top 5 des pays où l’on trouve une proportion élevée d’actifs travaillant au moins 49 heures par semaine. Cette réalité soulève des questions sur les impacts sociaux et économiques de ce rythme de travail sur la population belge.
Alors que les données récentes d’Eurostat montrent une diminution générale de la proportion de travailleurs « accros au travail », certains pays continuent de se distinguer par une forte intensité de travail. La Belgique, avec ses chiffres élevés, ne fait pas exception à cette tendance, ce qui invite à réfléchir sur les défis liés à la gestion de cette charge de travail accrue.
Le top 5 des pays où l’on travaille le plus : focus sur la Belgique
D’après les dernières données d’Eurostat, 6,6 % des actifs européens âgés de 20 à 64 ans déclarent travailler au moins 49 heures par semaine. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux 8,4 % observés en 2019 et aux 9,8 % de 2014, les disparités entre les pays sont frappantes. La Grèce, avec 12,4 % des travailleurs effectuant des semaines de 49 heures ou plus, reste en tête du classement européen. Suivent Chypre (10 %), la France (9,9 %) et le Portugal (9,2 %).
Les travailleurs belges, quant à eux, se situent dans la moyenne haute, avec 8,4 % d’entre eux effectuant des semaines de travail aussi longues, plaçant la Belgique dans le top 5 des pays européens les plus travailleurs. Ces chiffres illustrent l’intensité du travail en Belgique, où la charge de travail semble être relativement élevée par rapport à de nombreux autres pays de l’UE.
L’autre extrémité du spectre présente des chiffres bien plus faibles : la Bulgarie, avec seulement 0,4 % de ses travailleurs concernés, et les pays baltes (Lettonie et Lituanie) affichent également des proportions extrêmement faibles (1 % et 1,4 % respectivement). Cette disparité suggère que les habitudes de travail varient considérablement en fonction des contextes économiques et culturels de chaque pays.
Les travailleurs indépendants : des horaires plus longs, un défi croissant
Une autre donnée intéressante concerne la différence entre travailleurs indépendants et salariés. En Europe, 27,5 % des travailleurs indépendants affirment travailler au moins 49 heures par semaine, un chiffre bien supérieur aux 3,4 % des salariés qui font de même. Cette distinction est particulièrement marquée en Belgique, où les travailleurs indépendants sont nombreux dans des secteurs comme l’industrie, le commerce, la finance, mais aussi les professions libérales.
Les raisons de cette différence résident dans la nature même du travail indépendant. Les indépendants sont souvent les maîtres de leur emploi du temps, mais cette flexibilité s’accompagne aussi de la nécessité de gérer seul son activité, ce qui peut entraîner des horaires de travail plus étendus. De plus, en Belgique, comme dans de nombreux autres pays européens, les travailleurs indépendants font face à des exigences financières et administratives plus importantes, ce qui les pousse à multiplier les heures de travail pour assurer la rentabilité de leur entreprise.
Pour les salariés, les semaines de travail plus courtes sont généralement régies par des conventions collectives et des réglementations qui visent à limiter le nombre d’heures hebdomadaires. Ces réglementations varient d’un pays à l’autre, mais elles sont souvent perçues comme un moyen de protéger la santé des travailleurs tout en maintenant la productivité au sein des entreprises. En Belgique, la durée légale du travail est fixée à 38 heures par semaine, mais des exceptions existent, notamment dans certains secteurs où des horaires plus flexibles sont courants.
L’impact de ces longues heures de travail sur le bien-être des travailleurs
Si le volume de travail élevé peut être perçu comme un indicateur d’une économie dynamique, il soulève également des questions sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Les travailleurs belges, en particulier ceux qui exercent des professions où les horaires sont souvent plus longs, sont confrontés à des défis importants en matière de santé mentale et physique. Le stress, l’épuisement professionnel et les troubles liés à une surcharge de travail sont des préoccupations croissantes, tant pour les travailleurs indépendants que pour les salariés.
Le phénomène de « burnout » est particulièrement visible parmi ceux qui travaillent plus de 49 heures par semaine. En Belgique, bien que des efforts aient été faits pour améliorer le bien-être au travail, le volume de travail excessif reste une question centrale. Les autorités belges ont mis en place plusieurs mesures visant à réduire les risques liés au stress au travail, mais leur efficacité reste à prouver dans un environnement économique où la compétition est forte et où les attentes en matière de performance sont croissantes.
En revanche, l’un des effets positifs de cette situation est la montée en puissance de la flexibilité au travail. Le télétravail, le travail hybride et les horaires flexibles sont des solutions de plus en plus adoptées par les entreprises belges pour permettre à leurs employés de mieux gérer leur équilibre entre vie personnelle et professionnelle.








