La transition climatique s’impose comme un défi majeur pour l’économie belge, avec des impacts significatifs sur le marché du travail. Selon une étude commandée par le SPF Santé publique, les changements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 auront un effet net positif sur l’emploi.
L’étude réalisée par Climact et Idea Consult se penche sur trois scénarios possibles : un changement des comportements (réduction de l’usage de la voiture, adoption des transports publics), une évolution technologique (développement de solutions pour réduire l’empreinte carbone), et une combinaison des deux. Quelle que soit l’approche retenue, ces changements impacteront près de 45 % du marché du travail belge et 58 % de la valeur ajoutée du pays. Les secteurs les plus concernés sont ceux du transport, de la construction, de l’agriculture, de l’alimentation et de l’économie circulaire.
Le secteur du transport : des évolutions contrastées
Le secteur du transport connaîtra une évolution marquée, avec une demande croissante pour les chauffeurs de transports publics et les coursiers à vélo. Parallèlement, le besoin en chauffeurs poids lourds diminuera de manière significative à mesure que la part du transport routier recule, remplacée par des alternatives moins polluantes. L’électrification du parc automobile limitera également la demande de mécaniciens, mais ouvrira de nouvelles perspectives dans la maintenance des véhicules électriques.
L’agriculture et l’alimentation : un secteur en pleine expansion
L’agriculture et l’alimentation devraient connaître un véritable « boom » dans les prochaines décennies. Les transitions vers des pratiques agroécologiques et la relocalisation de la culture de certains produits alimentaires pourraient générer entre 50 000 et 100 000 nouveaux emplois, selon le scénario retenu. Cela nécessitera un accompagnement important, notamment en termes de formation et d’accès équitable aux terres agricoles, ainsi qu’un soutien à la reconversion des travailleurs agricoles vers des pratiques plus durables.
La construction sera aussi boostée par la transition climatique
Le secteur de la construction sera fortement sollicité pour répondre aux besoins de rénovation énergétique des bâtiments et à l’adoption de matériaux plus écologiques. Cette dynamique pourrait créer jusqu’à 130 000 emplois, dont 59 000 directement dans la construction et jusqu’à 79 000 dans la chaîne d’approvisionnement. Toutefois, ces métiers nécessiteront une formation spécifique, notamment pour intégrer de nouvelles compétences liées aux énergies renouvelables et à l’isolation thermique.
L’économie circulaire, axée sur la réutilisation des matériaux, et la recherche-développement en sciences et technologies devraient également enregistrer une croissance en termes d’emplois. Cependant, ces secteurs rencontreront des difficultés pour recruter des profils qualifiés, notamment dans les métiers scientifiques et techniques, qui sont déjà en forte demande.








