Le gouvernement fédéral se prépare à des arbitrages budgétaires difficiles en 2026, notamment dans le domaine des soins de santé. Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé publique, met en avant un plan visant à réaliser 907 millions d’euros d’économies d’ici deux ans.
La hausse continue des dépenses pharmaceutiques et le recours jugé excessif à certains médicaments incitent à une révision des remboursements. Cette orientation budgétaire soulève des interrogations quant à son impact sur l’accès aux soins pour les citoyens.
Des économies ciblées sur les médicaments et les comportements de consommation
Frank Vandenbroucke propose un ensemble de mesures centrées sur les médicaments, qui doivent représenter près de la moitié des économies envisagées, soit 433 millions d’euros, selon 7sur7.be. Parmi ces mesures figure l’instauration d’un tarif minimum de 1 euro pour les bénéficiaires d’un remboursement majoré et de 2 euros pour les autres patients. Objectif affiché : inciter à une utilisation plus rationnelle des traitements et réduire le gaspillage. À lui seul, ce relèvement du ticket modérateur pourrait générer 26,2 millions d’euros d’économies.
La consommation d’antiacides et d’anticholestérol est également visée. La Belgique figure parmi les pays européens les plus consommateurs d’antiacides, avec un coût annuel estimé à 130 millions d’euros. En réduisant le remboursement pour les usages non essentiels, le gouvernement espère récupérer 53,9 millions d’euros. Quant aux médicaments contre le cholestérol, 88 % des prescriptions concernent des patients sans antécédent cardiovasculaire, selon Vandenbroucke. Une réduction ciblée du remboursement devrait permettre d’économiser 33,3 millions d’euros.
Dans une perspective plus large, le ministre souhaite renforcer le rôle de la Commission de remboursement des médicaments, qui devra désormais appliquer une évaluation plus stricte aux nouvelles demandes. Les médicaments les plus coûteux et destinés à des pathologies graves resteront pris en charge, mais l’entrée de nouveaux traitements dans le système de remboursement sera davantage conditionnée. Un effort supplémentaire de 188 millions d’euros est attendu de cette approche plus sélective.
Vers une rationalisation des soins et des examens médicaux
Au-delà des médicaments, Vandenbroucke cible d’autres postes de dépenses jugés excessifs, comme les examens d’imagerie médicale et les analyses de laboratoire. Il envisage de limiter l’accès à certains scanners et IRM, qui devraient être prescrits uniquement par des spécialistes. Le recours fréquent à ces examens place la Belgique bien au-dessus de la moyenne européenne, selon le ministre.
La prescription de tests de laboratoire serait aussi à rationaliser. Le ministre estime que leur surutilisation conduit non seulement à une inflation des coûts, mais aussi à des cas de surdiagnostic et de traitements inappropriés, notamment en matière d’antibiotiques. Ce constat l’amène à préconiser un encadrement plus strict, en lien avec les pratiques médicales.
Le plan ministériel évoque également les différences régionales importantes, comme dans le cas des interventions pour arthrose du genou. Ces disparités questionnent l’harmonisation des pratiques médicales en Belgique. Enfin, Vandenbroucke souhaite lancer un débat sur les traitements en fin de vie, avec la création d’un groupe de travail chargé d’identifier les soins considérés comme non pertinents dans ces situations. Ce groupe devra rendre ses recommandations d’ici juin 2026.
La facture maximale, dispositif de protection des ménages contre les frais de santé élevés, sera aussi élargie à certains médicaments jusqu’ici exclus, comme les contraceptifs et les antihistaminiques. Ce renforcement coûtera 8,9 millions d’euros, mais vise à mieux répartir la charge financière entre les citoyens. Parallèlement, un budget de 25 millions d’euros sera consacré à l’accélération du remboursement de nouveaux traitements, dans une logique d’innovation contrôlée.
Le ministre met ainsi en avant une volonté de rationalisation des dépenses sans remettre en cause l’accès aux traitements essentiels. L’ensemble de ces ajustements reflète une approche budgétaire serrée, mais structurée, face à une croissance continue des dépenses.








