La nouvelle taxe de 3 euros sur les colis en provenance des pays hors UE, qui entrera en vigueur en juillet 2026, vise à rétablir une concurrence loyale sur le marché européen. Bien qu’elle soit jugée nécessaire, cette mesure seule ne suffira pas, avertissent les acteurs du secteur de la distribution, des services postaux et de l’e-commerce. Des contrôles renforcés et une meilleure modernisation des outils de gestion seront essentiels pour que cette réforme atteigne ses objectifs.
Actuellement, la Belgique enregistre un nombre considérable de colis importés, notamment depuis la Chine et les États-Unis, qui échappent à des taxes équivalentes à celles appliquées aux produits européens. Cette situation pénalise les entreprises locales, qui se retrouvent confrontées à des conditions de concurrence déloyales. Face à ce constat, la taxe sur les colis, bien que saluée par les partenaires sociaux, est perçue comme une première étape, mais insuffisante. En effet, selon les experts, cette mesure devra être accompagnée de moyens supplémentaires pour renforcer les contrôles à la frontière.
Vers une modernisation des outils de surveillance des colis ?
Les partenaires sociaux, réunis au sein du Conseil central de l’économie (CCE), appellent à une modernisation des outils de surveillance des colis. Actuellement, le flux de marchandises importées est difficile à gérer, et les services douaniers risquent d’être débordés. Il est donc crucial de doter les autorités douanières et d’inspection de scanners modernes, de logiciels avancés et d’outils d’intelligence artificielle pour éviter de laisser passer des produits dangereux ou non conformes aux normes européennes.
De plus, la question de la perception de la taxe soulève des débats. Pour les syndicats, il serait inconcevable que les entreprises de transport ou de services postaux soient responsables de la collecte de cette taxe. Selon eux, cette tâche devrait incomber aux plateformes de e-commerce, qui gèrent la transaction entre le vendeur et le consommateur. Cela permettrait de simplifier le processus de paiement et d’éviter toute confusion lors de la livraison des colis.
Une taxe qui doit être accompagnée de contrôles
Bien que la taxe de 3 euros soit un pas dans la bonne direction pour garantir une concurrence loyale, les experts estiment qu’elle doit être accompagnée de contrôles renforcés et d’une coopération plus poussée entre les autorités belges et européennes. Seule une telle approche permettra de réellement protéger les entreprises locales et d’éviter que les consommateurs ne soient exposés à des produits non conformes ou dangereux.








