La guerre des prix entre supermarchés en Belgique s’intensifie, offrant des prix de plus en plus attractifs pour les consommateurs. Cependant, derrière ces réductions se cachent des conséquences qui pourraient coûter bien plus cher à long terme, tant pour la santé publique que pour l’environnement.
En ce début d’année 2026, les grandes surfaces comme Delhaize, Lidl et Colruyt rivalisent d’offres alléchantes et de publicités pour capter l’attention des consommateurs, notamment après les dépenses des fêtes de fin d’année. Le pouvoir d’achat est une des préoccupations majeures des ménages, et les supermarchés ne manquent pas d’exploiter cette tendance pour proposer des prix de plus en plus bas. Cependant, ce modèle de consommation axé sur la réduction des coûts soulève des questions importantes.
Les prix réduits en surface cachent en réalité des économies réalisées à d’autres niveaux : la réduction de la qualité des produits, l’appauvrissement des sols agricoles, ainsi que des conditions de travail parfois difficiles pour les producteurs et les ouvriers du secteur.
Une alimentation moins saine pour moins cher
Ce modèle de prix bas entraîne une baisse de la qualité des produits alimentaires, notamment dans les supermarchés à bas prix. Les aliments deviennent moins riches en nutriments et plus riches en graisses saturées. Pierre-Alexandre Billiet, économiste et CEO de Gondola, explique que la baisse des coûts alimentaires s’accompagne d’un appauvrissement de la diversité des produits et de leur qualité nutritionnelle. L’alimentation bon marché devient ainsi plus pauvre en vitamines et minéraux essentiels, tout en étant plus sucrée ou grasse, ce qui contribue à des problèmes de santé à long terme, notamment l’obésité.
En Belgique, le coût lié à l’obésité est estimé à plusieurs milliards d’euros par an, une charge que les consommateurs ne payent pas directement à la caisse, mais via le système de soins de santé, souligne Le Soir. Ce phénomène est exacerbé par la prévalence des produits transformés et peu nutritifs qui dominent les rayons des supermarchés à bas prix.
Les externalités négatives : un coût caché pour la société
Derrière ces prix bas se cachent également des externalités négatives importantes, telles que la pollution des sols, l’appauvrissement de la biodiversité et la pollution de l’air et de l’eau. Ces effets environnementaux, invisibles pour le consommateur, sont le résultat d’une production alimentaire massive et industrielle. Les économies réalisées sur les prix de vente entraînent aussi des sacrifices en termes de conditions de travail pour les producteurs et d’impact sur la planète.
Selon l’organisation Fian Belgique, ces coûts cachés pourraient être estimés à 90 milliards d’euros par an pour la société, bien au-delà des 30 milliards d’euros que les Belges consacrent chaque année à l’alimentation. Ces coûts, bien que non visibles à la caisse, sont répercutés sur la collectivité via des dépenses publiques liées à la santé, la gestion des déchets et la préservation de l’environnement.








