La santé au travail est une question qui concerne de plus en plus les travailleurs, les employeurs et les institutions. En 2025, un rapport de la mutualité Solidaris met en lumière des constats alarmants sur les conditions de travail en Belgique francophone.
L’enquête, le « Thermomètre Santé & Travail », dévoile des chiffres qui ne laissent pas de place à l’indifférence, notamment sur les effets du travail sur la santé physique et mentale des employés. Ce constat devient un appel à l’action pour les entreprises et les décideurs politiques, avec des recommandations pour améliorer la situation.
L’impact du travail sur la santé : un problème de plus en plus fréquent
Un des premiers chiffres marquants de l’étude est qu’environ 40 % des répondants affirment que leur travail a fréquemment un impact négatif sur leur santé. Ce constat s’inscrit dans une tendance préoccupante qui montre que de plus en plus de travailleurs ressentent les effets néfastes de leur environnement professionnel. Parmi les problèmes rapportés, on retrouve principalement des douleurs physiques liées à des postures de travail inadéquates, des troubles du sommeil ou encore des problèmes liés au stress.
Pour contrer cette situation, Solidaris recommande de revoir l’organisation du travail. Parmi les solutions proposées, l’adoption d’environnements de travail plus ergonomiques, la mise en place de pauses régulières, et une meilleure inclusion des employés dans les processus décisionnels apparaissent comme des mesures cruciales. En outre, la mutualité insiste sur l’importance de favoriser une culture d’entraide et de communication ouverte pour prévenir le stress et améliorer le bien-être au travail.
D’autre part, 83 % des répondants affirment que le travail, en général, peut engendrer des problèmes de santé. Cette perception montre bien que le mal-être des travailleurs n’est pas seulement lié à des facteurs individuels mais résulte également d’un environnement de travail parfois négligé par les employeurs. Pour Solidaris, il est impératif de sensibiliser les employeurs à ces enjeux et de les inciter à adopter des pratiques de gestion plus saines, axées sur la réduction du stress et l’amélioration des conditions de travail.
Une demande urgente de réformes : la santé des travailleurs en péril
Les inquiétudes quant à la santé au travail sont partagées par de nombreux professionnels de santé. En effet, 64 % des médecins du travail estiment que la situation de la santé des travailleurs ne s’améliorera pas dans les dix prochaines années. Cette inquiétude trouve écho dans la perception générale d’une dégradation de l’état de santé au travail en Belgique, soulignant la nécessité de développer des politiques de santé proactives. Parmi les priorités, Solidaris propose de renforcer les dispositifs de soutien pour les travailleurs, notamment en matière de prévention et de soins.
Les risques professionnels continuent également d’affecter une grande partie de la population active. Environ 45 % des travailleurs déclarent souffrir fréquemment de positions douloureuses ou fatigantes, et 35 % évoquent des risques psychologiques récurrents. Ces problèmes ne se limitent pas aux grandes entreprises mais touchent également des secteurs comme le bâtiment, la santé ou l’éducation. Solidaris recommande de mettre en place des formations régulières pour améliorer les pratiques de santé et sécurité au travail, et de reconnaître des maladies comme le burn-out et les troubles musculosquelettiques comme des maladies professionnelles.
De plus, le rapport soulève la question du rôle de la médecine du travail. Environ 67 % des répondants estiment que cette dernière intervient trop tard, lorsque les problèmes sont déjà bien installés. Il devient donc urgent de réformer ce système afin de permettre une détection plus précoce des problèmes de santé. Une meilleure collaboration entre les médecins du travail et les entreprises serait un pas important pour une prise en charge plus efficace des problèmes de santé au travail.
Un autre chiffre révélateur est celui concernant les frustrations des travailleurs sans emploi. En effet, 70 % des personnes en situation de chômage ou d’incapacité se disent frustrées de ne pas travailler. Ce phénomène montre bien que le travail demeure un élément fondamental de la vie sociale et de l’autonomie personnelle. En conséquence, Solidaris appelle à une réintégration plus rapide des chômeurs et chômeuses, en leur offrant des opportunités de formation et de reconversion professionnelle adaptées aux besoins du marché du travail.








