Une nouvelle bataille se déroule en coulisses concernant la transparence des salaires en Belgique. À l’approche de la transposition d’une directive européenne visant à réduire les écarts salariaux entre hommes et femmes, les employeurs cherchent à alléger certaines obligations. Une initiative qui suscite un vif débat sur l’égalité des salaires.
D’ici juin 2026, la Belgique doit transposer la directive européenne sur la transparence salariale. Ce texte vise à réduire les disparités salariales entre hommes et femmes, en obligeant les entreprises à plus de transparence sur les salaires et les critères de rémunération. L’objectif est de permettre aux travailleuses de comparer leurs salaires à ceux de leurs collègues masculins pour garantir qu’il n’y ait pas de discrimination.
En pratique, cela signifie que les entreprises devront publier des données sur les écarts salariaux et justifier toute différence entre les sexes pour un même poste.
Les résistances des employeurs
Cependant, la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), via son lobby BusinessEurope, a lancé une offensive pour alléger les obligations imposées par la directive. Selon la FEB, certaines des mesures prévues sont trop contraignantes pour les entreprises. Par exemple, l’obligation de répondre aux demandes des employés concernant les salaires moyens selon le sexe pourrait être problématique, notamment pour les petites entreprises.
La FEB propose que seules les entreprises de plus de 250 employés soient soumises à la publication de données détaillées sur les écarts salariaux. Les entreprises de moins de 50 employés devraient être exemptées de cette obligation, arguant qu’une telle mesure entraînerait une surcharge administrative et des risques de violation de la confidentialité des données salariales.
Les syndicats montent au créneau
Cette position des employeurs a fait bondir les syndicats. La CSC, la FGTB et la CGSLB dénoncent un lobbying visant à affaiblir la directive européenne. Selon eux, la Belgique, qui figure parmi les bons élèves européens en matière d’égalité salariale, ne doit pas céder à la pression des patrons. Ils craignent qu’une transposition trop souple ne rende l’égalité salariale encore plus difficile à atteindre.
Les syndicats insistent sur le fait que cette directive est essentielle pour parvenir à une égalité réelle entre les sexes, en particulier dans des secteurs où les femmes sont sous-payées par rapport à leurs homologues masculins. Les discussions entre les partenaires sociaux et les autorités belges se poursuivent, mais la question reste ouverte : la Belgique sacrifiera-t-elle une partie de la transparence salariale pour alléger la charge administrative des entreprises ?
Si la directive européenne reste en vigueur, elle pourrait toutefois renforcer la pression sur les employeurs pour garantir que les salaires soient équitables et non discriminatoires.








