Salaires : la FGTB en guerre contre la loi de compétitivité qui pèse sur le pouvoir d’achat

La FGTB exige une révision de la loi de sauvegarde de la compétitivité, estimant que les salaires ne suivent pas l’évolution du coût de la vie en Belgique.

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Salaires : la FGTB en guerre contre la loi de compétitivité qui pèse sur le pouvoir d’achat. Crédit : FGTB | Econostrum.info - Belgique

La FGTB demande une révision de la loi de sauvegarde de la compétitivité, qu’elle considère comme trop restrictive pour les salaires. Alors que l’inflation et la crise du pouvoir d’achat pèsent sur les travailleurs, le syndicat milite pour une plus grande liberté dans les augmentations salariales.

La loi de sauvegarde de la compétitivité, qui encadre strictement la hausse des salaires, a été mise en place pour préserver la compétitivité de la Belgique face à ses voisins. Chaque année, le Conseil central de l’Économie évalue l’évolution des salaires en Belgique par rapport à ceux des pays voisins, comme l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Si les salaires belges augmentent trop rapidement par rapport à ceux des autres pays, cela peut nuire à la compétitivité du pays en augmentant le coût du travail.

Ainsi, la loi fixe une marge d’augmentation salariale chaque année, mais cette marge est souvent très faible, voire nulle, comme cela a été le cas pour les périodes 2023-2024 et 2025-2026. Cette situation s’explique notamment par l’inflation et l’augmentation plus rapide des salaires dans d’autres pays européens, notamment en raison des augmentations liées à la crise énergétique.

Une loi jugée trop restrictive pour les salaires

Face à ce contexte, la FGTB, représentée par sa secrétaire générale Selena Carbonero Fernandez, a pris position en faveur d’une réforme profonde de la loi de sauvegarde de la compétitivité. Selon le syndicat, cette loi impose une modération salariale excessive, qui ne tient pas compte des réalités économiques et sociales des travailleurs. La FGTB demande une modification de la loi pour rendre la marge salariale moins contraignante et la rendre plus « indicative » que « impérative », rapporte Le Soir.

La secrétaire générale a expliqué que, dans certains secteurs et entreprises, il serait possible de récompenser les travailleurs, en tenant compte des bénéfices réalisés par les entreprises. Cela permettrait de mieux partager les gains de productivité, qui, selon la FGTB, sont souvent concentrés entre les mains des actionnaires plutôt que des salariés. Le syndicat réclame aussi que la part des bénéfices générés par les réductions de cotisations sociales et les subsides salariaux, qui n’ont pas toujours servi à augmenter les salaires, soit incluse dans le calcul du « handicap salarial ».

Une situation qui interroge

Le débat sur la révision de cette loi est particulièrement pertinent à un moment où la Belgique est confrontée à une crise du pouvoir d’achat, alimentée par l’inflation et la hausse des prix de l’énergie. Le syndicat estime qu’une revalorisation salariale est essentielle pour maintenir un niveau de vie décent pour les travailleurs, tout en soutenant la compétitivité des entreprises. Cependant, certains experts avertissent que des augmentations salariales trop importantes pourraient également nuire à la compétitivité du pays et à son attractivité économique.

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