Salaires bloqués en 2026 : que peuvent encore négocier les travailleurs belges ?

En 2026, la marge salariale est gelée à 0 % en Belgique. Les hausses de salaires seront rares, strictement encadrées et difficiles à négocier.

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Salaires bloqués en 2026 : que peuvent encore négocier les travailleurs belges ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Pas de marge, peu de latitude, et des négociations rendues quasi stériles. En 2026, les travailleurs belges font face à un gel des salaires inédit. La norme fixée par le gouvernement ne laisse presque aucune place à une revalorisation volontaire. Quelques exceptions subsistent, mais elles sont étroitement encadrées.

Le gouvernement fédéral a fixé la norme salariale maximale à 0 % pour 2025-2026, via un arrêté royal. Cette décision vise à stabiliser les coûts du travail pour préserver la compétitivité de la Belgique vis-à-vis de ses voisins. En pratique, cette norme bloque toute augmentation volontaire des salaires à l’échelle nationale.

Les mécanismes automatiques, tels que l’indexation liée à l’inflation et les augmentations prévues par les barèmes internes des entreprises, restent autorisés. Mais ils échappent à la volonté directe de négociation individuelle ou collective sur les rémunérations de base.

Peu de leviers à disposition des salariés

Selon Florence Bauwens, consultante en droit du travail chez Acerta, les possibilités de hausse restent limitées à quelques cas bien définis : les promotions internes, les changements de fonction ou encore les augmentations liées à l’ancienneté, rapporte Le Vif.

Il existe aussi un mécanisme hors-norme : le bonus CCT 90. Il s’agit d’une prime collective liée à l’atteinte d’objectifs mesurables, fixés entre l’employeur et les salariés. Elle échappe au calcul de la norme salariale, mais dépend entièrement de l’initiative de l’entreprise. Sa mise en place nécessite un acte d’adhésion et une procédure de consultation préalable.

Les avantages extralégaux comme filet de compensation

Certains employeurs peuvent proposer des avantages extralégaux : chèques-repas, voitures de société, écochèques. Mais ceux-ci ne modifient pas le salaire net et s’appliquent souvent à des catégories précises de personnel. L’augmentation du plafond du chèque-repas à 10 € reste marginale au regard du gel des salaires.

Vers une négociation au cas par cas autour des salaires

Face à cette contrainte légale, les employeurs devront négocier finement et documenter toute évolution de rémunération. Des ajustements sectoriels pourraient émerger, mais aucune disposition spécifique n’a encore été annoncée. Pour 2026, les possibilités d’augmentation salariale se réduisent à une mécanique bien huilée, strictement balisée par le droit du travail.

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