Ryanair a récemment salué la décision du gouvernement wallon d’annuler une taxe sur l’aéroport de Charleroi, mais reste ferme sur ses conditions. Si la taxe fédérale est maintenue, la compagnie aérienne menace toujours de réduire ses opérations en Belgique. Ce bras de fer pourrait avoir des conséquences économiques majeures pour la région et l’industrie aérienne.
Le 6 février 2026, Ryanair a salué la décision du gouvernement wallon de suspendre la taxe de 3 euros par passager sur les vols opérés depuis l’aéroport de Charleroi. Cette décision a permis à la compagnie d’annuler sa menace initiale de supprimer un million de sièges pour l’été 2026. En effet, après avoir exprimé son mécontentement concernant cette taxe communale, Ryanair avait déclaré qu’elle était prête à réduire son programme de vols depuis Charleroi.
Toutefois, la compagnie aérienne a annoncé qu’elle maintiendrait finalement son programme estival tel quel et prévoyait même une augmentation de 9 % du nombre de sièges par rapport à l’été précédent. Ryanair a donc salué la réaction du gouvernement wallon comme un geste positif, soulignant que l’annulation de cette taxe communale serait bénéfique pour l’économie locale.
Mais cette victoire partielle ne suffit pas à calmer la compagnie, qui continue d’exprimer ses préoccupations concernant les taxes fédérales sur le transport aérien en Belgique.
La guerre contre la taxe fédérale : une menace qui plane toujours
Malgré cette avancée, la menace persiste. En effet, la compagnie continue de se battre contre la hausse de la taxe fédérale, qu’elle considère comme « discriminatoire ». Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, a qualifié cette taxe d’entrave au développement du tourisme et de l’emploi en Belgique. Pour lui, imposer des taxes sur les billets d’avion va à l’encontre des efforts des autres pays européens qui, au contraire, ont choisi de supprimer ces taxes pour stimuler le secteur touristique et la croissance économique, rapporte RTL.
Si la taxe fédérale reste en place, Ryanair pourrait être contraint de réduire sa présence à Charleroi. Selon ses prévisions, cinq avions seraient retirés de la base de Charleroi dès l’automne 2026, ce qui entraînerait la perte de plus de 2 millions de sièges à partir de 2027. Un tel retrait aurait également un impact dramatique sur les emplois locaux, avec des milliers de postes menacés dans le secteur du transport aérien, de l’hôtellerie et des services associés à l’aéroport.
Ryanair prend exemple sur d’autres pays européens
La compagnie irlandaise met en avant l’exemple d’autres pays européens, comme la Suède, la Slovaquie, la Hongrie, l’Italie et l’Albanie, qui ont pris des mesures pour réduire ou supprimer les taxes aériennes. Selon Ryanair, ces pays ont réussi à attirer davantage de passagers, boostant ainsi leur économie et leur secteur touristique. La compagnie considère la Belgique comme un mauvais exemple en appliquant des taxes élevées qui, selon elle, découragent les voyageurs et déplacent le trafic vers des destinations moins chères et sans taxes supplémentaires.
Les risques pour Charleroi et l’économie locale
La situation reste tendue, et les conséquences pour Charleroi et l’économie belge sont loin d’être négligeables. Charleroi est l’un des principaux hubs de Ryanair en Belgique, et l’aéroport joue un rôle clé dans la connectivité européenne. Une réduction de l’activité de Ryanair entraînerait une baisse de l’afflux de passagers, ce qui affecterait non seulement l’aéroport, mais aussi les entreprises locales, les emplois liés au secteur aérien, ainsi que l’industrie touristique dans la région.
Ryanair a d’ores et déjà averti le gouvernement fédéral qu’il serait responsable des pertes économiques si la situation n’évolue pas. La compagnie appelle donc à une révision de la politique fiscale pour garantir la croissance de l’aéroport de Charleroi et préserver les emplois.








