Une réduction de la présence de Ryanair à Charleroi est envisagée pour l’hiver 2026. Plusieurs destinations pourraient disparaître des écrans de départ, dans un contexte de tensions autour de la fiscalité aéroportuaire.
La direction de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) a exprimé ses inquiétudes lors d’une conférence de presse organisée fin décembre. Gilles Samyn, président du conseil d’administration, et Christophe Segaert, directeur général, ont dénoncé une hausse rapide et cumulée des taxes fédérales et communales, qu’ils estiment nuisible à l’équilibre économique de l’aéroport.
Dans ce contexte, Ryanair prévoit de retirer cinq avions de sa base de Charleroi, soit près de 30 % de sa flotte locale. Ce retrait pourrait intervenir dès novembre 2026, voire avril, si une taxe communale venait à entrer en vigueur plus tôt. Cette annonce marque un tournant pour un site historiquement lié à la compagnie irlandaise à bas coûts.
Une première liste de lignes concernées par les mesures de Ryanair
En interne, une liste non officielle des premières liaisons concernées circule parmi les salariés. Elle comprend des lignes vers Cluj-Napoca et Iasi en Roumanie, Lodz en Pologne, Oviedo en Espagne, Rovaniemi en Finlande, Billund au Danemark et Catane en Italie. Plusieurs de ces destinations, situées principalement en Europe de l’Est ou sur des marchés de niche, faisaient partie des nouvelles routes ouvertes il y a deux ou trois ans.
Ces suppressions sont perçues comme une réduction vers un niveau d’activité plus classique : en hiver, Ryanair exploitait traditionnellement 14 avions à Charleroi, contre 18 ces dernières années grâce à l’ouverture de nouvelles lignes, expliquent nos confrères de La Libre.
Un contexte de tensions sociales et politiques
Les syndicats restent prudents sur l’ampleur réelle des suppressions. Pour Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE Aviation, Ryanair emploie une stratégie de pression habituelle sur les autorités publiques. Selon lui, les annonces de suppressions d’emplois en masse seraient exagérées, alors que l’aéroport manque actuellement de personnel.
Ce positionnement rejoint une critique plus large du mode de gestion de Ryanair, que plusieurs observateurs qualifient de « management par la peur ». La compagnie a déjà adopté des tactiques similaires dans d’autres pays européens, comme l’Espagne, la France ou l’Allemagne, en mettant en avant des menaces sur l’emploi pour peser dans les négociations fiscales et réglementaires.
Une affaire suivie de près par les autorités
La situation suscite des réactions jusqu’au niveau politique. Le secrétaire d’État à la relance Thomas Dermine a commenté les tensions avec Ryanair, évoquant une tentative de la compagnie de faire plaider sa cause par les autorités belges. Les prochaines semaines pourraient être décisives, alors que la ville de Charleroi et la Région wallonne suivent de près les discussions.
En parallèle, la compagnie Volotea vient d’annoncer l’ouverture d’une ligne entre Brussels Airport et Oviedo, une destination justement mentionnée dans la liste des arrêts potentiels chez Ryanair. Une manière pour d’autres acteurs de prendre position sur des créneaux laissés vacants, si la restructuration annoncée se confirme.








