La répartition du patrimoine en Belgique a fait l’objet d’une étude récente menée par la Banque nationale de Belgique (BNB), qui dresse un portrait détaillé des évolutions financières du pays. Selon les dernières données disponibles pour 2024, les 10 % des plus riches de la population belge détiennent plus de la moitié du patrimoine net national.
Toutefois, cette concentration de la richesse connaît des nuances intéressantes, notamment une légère réduction de l’écart par rapport aux autres segments de la société. L’analyse des statistiques sur les actions cotées et les fonds d’investissement met en lumière ces évolutions, tout en donnant un aperçu des disparités entre la Belgique et la moyenne européenne.
Un patrimoine de plus en plus concentré
À la fin de l’année 2024, les 10 % les plus riches de Belgique possédaient 55 % du patrimoine net du pays, un chiffre impressionnant mais légèrement inférieur à celui des années précédentes, montre une étude de la Banque nationale de Belgique. En effet, il y a dix ans, cette part était encore plus élevée, signe d’une concentration stable mais qui se réduit lentement. Cette tendance est particulièrement marquée lorsqu’on examine les actions cotées en bourse. Aujourd’hui, les 10 % les plus riches détiennent 80 % des actions cotées, contre 90 % en 2014. Ce changement reflète l’impact des politiques économiques et des tendances de marché, qui ont permis une certaine redistribution, bien que modeste, du capital.
La Banque nationale note également que les fonds d’investissement suivent une évolution similaire, avec une concentration accrue dans les mains des plus riches. En 2024, ces derniers possédaient 76 % des fonds d’investissement, une proportion qui a légèrement augmenté par rapport aux 74 % de 2014. Ces résultats indiquent que, même si les inégalités de richesse restent élevées, des facteurs comme les achats nets et les variations des marchés financiers ont permis de diminuer, de façon relative, l’écart de fortune au sein des segments les plus riches.
Une comparaison internationale : la Belgique reste au-dessus de la moyenne européenne
Comparativement à la zone euro, la Belgique affiche des chiffres intéressants en matière de distribution du patrimoine. Le taux de patrimoine détenu par les 10 % les plus riches en Belgique (55 %) reste en deçà de la moyenne européenne de 57,3 %. Cette différence pourrait refléter certaines particularités économiques et fiscales propres à la Belgique, mais aussi l’impact des politiques de redistribution. En outre, le patrimoine médian des Belges, qui s’élève à 291.641 euros, est bien supérieur à la moyenne de la zone euro, qui se situe à 152.480 euros. Ce chiffre témoigne de l’ampleur des inégalités internes à la Belgique, où une partie significative de la population détient une richesse bien au-dessus de la médiane européenne.
Le coefficient de Gini, un indicateur clé des inégalités de richesse, s’élève à 68 % en Belgique, contre 72 % pour la zone euro. Bien que cet écart semble modeste, il est révélateur d’une répartition des richesses plus équilibrée en Belgique par rapport à de nombreux autres pays européens. Toutefois, ce taux reste élevé, ce qui signifie que la Belgique n’échappe pas aux grandes disparités sociales et économiques qui caractérisent la répartition du patrimoine en Europe.
Des effets de valorisation à prendre en compte
Les variations de la richesse des ménages belges sont aussi en partie dues à l’augmentation des valeurs des actifs financiers. Les actions cotées ont vu leur valeur totale augmenter de manière significative, passant de 55 milliards à 87 milliards d’euros au cours des dix dernières années. Les fonds d’investissement, quant à eux, ont presque doublé, passant de 153 milliards à 303 milliards d’euros.
Cette hausse est en grande partie imputable aux effets de valorisation, notamment les variations des prix des actifs et des taux de change, qui ont favorisé les ménages les plus riches. En parallèle, les achats nets des ménages ont également contribué à cette augmentation, bien que dans une moindre mesure (15 % pour les actions cotées et 52 % pour les fonds d’investissement).








