Alors que l’environnement économique reste incertain et que l’inflation grignote le pouvoir d’achat des ménages belges, de nombreuses personnes cherchent à diversifier leurs sources de revenus. Cette tendance concerne aussi bien les travailleurs à temps plein que les étudiants, les retraités ou les salariés à temps partiel.
Si certaines exonérations fiscales ont été supprimées ces dernières années, plusieurs régimes spécifiques permettent encore de gagner de l’argent en parallèle de son activité principale sans subir une lourde imposition. Comprendre les règles actuelles est donc indispensable avant de se lancer dans une activité complémentaire.
Des régimes fiscaux distincts selon le type d’activité
En Belgique, plusieurs cadres juridiques encadrent les revenus complémentaires. Ces revenus sont traités différemment en fonction de leur origine : bénévolat, travail associatif, économie de partage ou encore activité d’influenceur.
Le bénévolat, qui ne donne pas lieu à un salaire mais à une indemnité, reste une activité exonérée d’impôt si les plafonds légaux sont respectés. Pour l’année de revenus 2025, la limite est fixée à 42,31 euros par jour et 1.692,51 euros par an. Les bénévoles dans les secteurs sportifs ou sociaux bénéficient d’un plafond majoré de 3.108,44 euros. Si ces seuils sont dépassés, les revenus deviennent imposables comme des revenus professionnels. Il est aussi possible d’opter pour le remboursement des frais réels, à condition de pouvoir fournir des justificatifs, et sans cumuler les deux systèmes, explqiue L’Avenir.
Le travail associatif, rémunéré dans le cadre d’une activité auprès d’une ASBL ou d’un organisme public, est lui taxé à un taux réduit de 10 % tant que les revenus n’excèdent pas 7.700 euros par an. Ce régime, avantageux, est conditionné à un nombre limité d’heures de travail selon les secteurs : 300 heures par an dans les domaines socioculturels ou artistiques (avec des plafonds trimestriels spécifiques), et 450 heures annuelles dans le sport.
L’économie de partage bénéficie également d’un cadre fiscal spécifique, à condition de passer par une plateforme numérique agréée. Les revenus tirés de services comme la livraison ou le covoiturage sont taxés à 10 %, avec un plafond identique de 7.700 euros bruts par an. Il convient de noter que ce seuil est global, et inclut aussi les revenus issus du travail associatif s’ils sont cumulés. Au-delà de cette somme, les revenus basculent dans le régime classique d’imposition professionnelle.
Enfin, les influenceurs sont également concernés par des obligations déclaratives. Lorsqu’ils reçoivent des produits gratuits, ceux-ci doivent être évalués à leur prix d’achat et déclarés. Si les activités sont occasionnelles, les revenus sont imposés à 33 %. En cas de régularité ou de recours à un intermédiaire, ils sont requalifiés comme revenus professionnels, et imposés selon les tranches progressives de 25 à 50 %, hors taxes communales.
Vers des solutions plus pérennes : flexi-jobs et activité indépendante complémentaire
Pour les personnes souhaitant générer des revenus supplémentaires de manière plus régulière, deux options sont particulièrement plébiscitées : le flexi-job et l’activité en tant qu’indépendant à titre complémentaire.
Le flexi-job, à l’origine réservé à l’horeca, a été étendu à d’autres secteurs comme le commerce de détail, les boulangeries, les pharmacies ou les maisons de repos. Il permet à une personne ayant déjà une activité principale (emploi à 4/5e ou pension complète) de travailler quelques heures supplémentaires avec un salaire net égal au brut, sans charges sociales pour l’employé. Ces revenus ne sont pas imposés, ce qui en fait une solution populaire. Les conditions d’accès et les secteurs autorisés sont strictement encadrés par la législation en vigueur.
L’activité indépendante complémentaire est une autre alternative stable. Elle permet de monétiser un hobby ou une compétence : couture, informatique, coaching, photographie, etc. Le statut requiert l’inscription auprès d’une caisse d’assurances sociales et le paiement de cotisations trimestrielles, calculées en fonction des revenus déclarés. Cette solution offre une flexibilité importante mais implique aussi un certain formalisme : facturation, obligations comptables, TVA éventuelle selon le chiffre d’affaires. Selon l’Union des Classes Moyennes, cette formule concerne aujourd’hui plus de 270.000 Belges, un chiffre en constante augmentation.
Dans tous les cas, il est recommandé de se renseigner auprès d’un comptable ou d’un centre de formalités pour éviter les erreurs administratives et optimiser sa situation fiscale. Le choix de l’activité, du cadre légal et du régime d’imposition dépendra du profil de chaque personne, de la nature des revenus attendus et du temps disponible.








