Les retraités belges dépensent en moyenne 327€ plus que leur pension légale

La majorité des retraités belges ont besoin de ressources supplémentaires pour maintenir leur niveau de vie, et l’espérance de vie prolongée nécessite une gestion financière plus prudente.

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Le Belge a besoin de 327 euros par mois en plus de sa pension légale : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les retraités belges font face à des défis de plus en plus importants pour maintenir leur niveau de vie une fois arrivés à la retraite. Selon une étude récente menée par Belfius, un Belge médian aurait besoin d’un supplément de 327 euros par mois en plus de sa pension légale pour continuer à vivre confortablement jusqu’à 95 ans. 

Ce besoin de ressources supplémentaires découle d’une augmentation des dépenses à la retraite, un phénomène accentué par l’allongement de l’espérance de vie et des choix de consommation variés parmi les retraités. Ces données soulignent une réalité de plus en plus préoccupante pour les seniors belges : la gestion de leurs finances après la fin de leur carrière.

La réalité des dépenses à la retraite : des besoins qui dépassent la pension légale

L’étude menée par Belfius révèle que près de 80 % des retraités belges dépensent plus que ce que leur pension légale leur permet de couvrir. En moyenne, ces retraités doivent ajouter 800 euros supplémentaires par mois dans les premières années de leur retraite pour maintenir un niveau de vie confortable. Ce supplément varie, bien entendu, en fonction des habitudes de consommation de chaque individu.

Cette tendance à dépenser plus que prévu provient de plusieurs facteurs, notamment l’augmentation des coûts des loisirs, des voyages et des dépenses liées au confort de la vie quotidienne. Toutefois, une fois la période active de la retraite passée, les dépenses évoluent. Une phase de sédentarisation prend le relais, marquée par un besoin accru de confort, mais également de soins médicaux, en particulier dans les dernières années de la vie. Bien que ces dépenses augmentent, elles restent cependant inférieures à celles du début de la retraite, notamment en maison de retraite.

Les Belges qui connaissent une phase de « décapitalisation » – c’est-à-dire, ceux qui, après une vie d’épargne, ont du mal à savoir comment dépenser leur capital de manière durable – sont particulièrement concernés par cette question. La peur de manquer de ressources à la fin de la vie pousse certains seniors à limiter leurs dépenses de manière excessive, créant ainsi une forme de « sous-consommation ». Cette réalité met en lumière la nécessité d’une meilleure gestion financière à la retraite, et notamment la nécessité de bien préparer ses ressources en amont, tout en prenant en compte l’incertitude de l’espérance de vie.

Une espérance de vie prolongée et ses conséquences financières

Un des principaux enseignements de cette étude est l’allongement de l’espérance de vie, particulièrement marqué chez les 65 ans et plus, dont la moitié vivra au moins jusqu’à 90 ans. Cette prolongation de la durée de vie a un impact direct sur les dépenses des retraités, qui doivent planifier sur un horizon plus long que celui de la retraite d’antan. Les prévisions actuelles indiquent qu’un retraité moyen, vivant jusqu’à 95 ans, aurait besoin de 123 000 euros supplémentaires, soit environ 327 euros par mois, pour maintenir son niveau de vie initial.

Cela fait ressortir l’importance d’une préparation financière rigoureuse avant la retraite. Si beaucoup de travailleurs épargnent durant leur carrière, ils sont souvent confrontés au dilemme de savoir comment gérer efficacement leur capital une fois qu’ils ne sont plus en activité. L’incertitude concernant la durée de vie des retraités rend cette gestion encore plus complexe.

Par ailleurs, les retraités belges se trouvent à la croisée des chemins entre une vie où les loisirs et les voyages occupaient une place importante, et un avenir où la gestion de la santé et les besoins liés à l’âge deviennent plus pressants. Ces changements nécessitent une approche prudente de la part des institutions financières et des politiques publiques pour assurer une transition plus douce vers la retraite et pour que les retraités puissent vivre sereinement sans craindre de manquer de ressources.

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