Retraite repoussée, épargne-pension figée : ce qui ne change pas (encore) pour les Belges

Le recul de l’âge de la retraite ne change rien, pour l’instant, aux règles de l’épargne-pension qui reste plafonnée fiscalement à 65 ans.

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age de départ à la retraite
Retraite repoussée, épargne-pension figée : ce qui ne change pas (encore) pour les Belges : Crédit : Previssima | Econostrum.info - Belgique

Le recul de l’âge légal de la retraite en Belgique est désormais une réalité, avec un passage à 66 ans dès 2025 et 67 ans en 2030. Cette évolution soulève des interrogations concrètes sur les conséquences pour les citoyens, notamment ceux qui ont souscrit une épargne-pension. 

Ce dispositif, qui permet d’épargner pour compléter sa pension légale tout en bénéficiant d’avantages fiscaux, est concerné par un paradoxe juridique. En effet, bien que l’âge de la retraite augmente, les règles liées à l’épargne-pension restent pour l’instant inchangées. Une situation qui appelle à la vigilance des épargnants.

Une législation figée malgré le recul de l’âge légal

Aujourd’hui, la loi belge prévoit que l’avantage fiscal lié à l’épargne-pension prend fin à l’âge légal de la retraite, fixé jusqu’à présent à 65 ans. Ce principe est clair : jusqu’à cet âge, les versements dans un produit d’épargne-pension donnent droit à une réduction d’impôt annuelle, selon un système de plafonds bien établis. À 990 euros versés, la réduction atteint 30 % ; à 1 270 euros, elle descend à 25 %.

Avec le passage de l’âge légal de la retraite à 66 ans dès 2025, puis à 67 ans en 2030, on aurait pu s’attendre à une prolongation automatique de la période ouvrant droit à ces réductions fiscales. Ce n’est pas le cas, selon RTL info. Le législateur n’a pas encore adapté les textes en ce sens. La limite d’âge pour profiter de l’avantage fiscal reste donc fixée à 65 ans, même si l’âge de la pension est reculé.

Des conséquences pratiques pour les épargnants

En l’absence de réforme, les épargnants doivent se montrer attentifs à la structuration de leur contrat et à l’évolution de la législation. La situation actuelle présente une forme d’incohérence : les versements effectués après 65 ans n’ouvrent plus droit à avantage fiscal, alors même que la retraite n’est plus atteinte. Or, les montants versés après 60 ans peuvent être particulièrement intéressants, dans la mesure où ils s’ajoutent à un capital déjà constitué et bénéficient souvent de frais réduits.

Si une réforme venait à prolonger la période de réduction fiscale jusqu’à 66 ou 67 ans, cela pourrait offrir de nouvelles marges de manœuvre aux épargnants. Ceux-ci pourraient continuer à alimenter leur épargne plus longtemps, ce qui, sur le long terme, améliorerait le rendement de leur produit. Ce scénario reste théorique tant que la loi n’est pas modifiée.

Dans le doute, les institutions financières conseillent aux clients de se rapprocher de leur banque ou de leur assureur pour examiner les options. Adapter le contrat, revoir le calendrier de versements ou anticiper une sortie partielle du capital sont autant de leviers possibles. Mais tout dépend de la stabilité réglementaire. Pour l’heure, le ministre des Pensions n’a pas annoncé de réforme en ce sens, même si la question est désormais posée dans le débat politique.

La vigilance reste donc de mise : le recul de l’âge légal de la retraite ne modifie pas automatiquement les conditions d’utilisation de l’épargne-pension. Il faudra observer de près les ajustements législatifs à venir pour mesurer les véritables effets de cette réforme sur l’épargne individuelle des Belges.

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