Rentrée 2025 : les Belges n’ont plus les moyens d’acheter neuf

La seconde main pour la rentrée scolaire gagne du terrain en Belgique grâce à des avantages économiques et écologiques, malgré quelques obstacles à surmonter.

Publié le
Lecture : 3 min
Rentrée scolaire
Rentrée scolaire : les familles belges disent un grand oui aux fournitures de seconde main : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Avec la rentrée scolaire ce début de semaine dans la partie francophone de la Belgique, une enquête a été menée auprès de 2.000 Belges à la demande de l’Alliance pour le Réemploi. Cette dernière a révélé une tendance marquante : les Belges sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le matériel scolaire de seconde main. 

Manuels scolaires, ordinateurs portables, et autres fournitures : la seconde main gagne du terrain, notamment pour ses avantages économiques. Cependant, un fossé persiste concernant la technologie d’occasion, et les écoles sont appelées à jouer un rôle clé dans le développement de ce marché alternatif. 

La seconde main : un choix économique et durable

Les raisons pour lesquelles les Belges se tournent vers le matériel scolaire de seconde main sont multiples, mais l’économie est sans doute le facteur principal. Selon l’enquête, 87,5 % des personnes interrogées estiment que les manuels scolaires et le matériel d’étude d’occasion rendent l’enseignement plus abordable, relate Sudinfo. Ce soutien massif témoigne de l’impact que peut avoir la seconde main sur la gestion du budget des familles. En moyenne, une rentrée scolaire coûte entre 200 et 300 euros par enfant, une dépense significative pour de nombreux foyers. L’option d’acheter des fournitures d’occasion permet de réduire cette somme de manière substantielle, tout en répondant aux besoins essentiels des élèves.

Si l’aspect financier est décisif, la conscience environnementale joue également un rôle important. Pour 14,1 % des sondés, l’achat de matériel scolaire de seconde main est une manière de contribuer à un avenir plus durable. En effet, opter pour des articles réutilisés permet de réduire la production de déchets et d’éviter l’extraction de nouvelles ressources, un geste crucial dans le cadre de la transition vers une économie circulaire.

Les manuels scolaires et le matériel d’étude arrivent en tête des articles les plus recherchés sur le marché de l’occasion, avec 62,5 % des répondants déclarant avoir déjà acheté ou envisagé d’acheter ces produits d’occasion. Suivent les ordinateurs portables et les calculatrices (31,2 %) ainsi que les cartables et sacs à dos (25,6 %). Les chiffres montrent une volonté claire de recourir à la seconde main pour les fournitures scolaires, notamment pour les produits qui ont une durée de vie plus longue et qui sont souvent utilisés de manière ponctuelle.

Les obstacles à surmonter : la qualité et les garanties

Bien que l’attitude générale envers la seconde main soit largement positive, plusieurs obstacles subsistent. La principale inquiétude des Belges réside dans la qualité du matériel d’occasion. En effet, 36,5 % des personnes interrogées ont indiqué que l’état des articles d’occasion constituait un frein à l’achat. La crainte que certains produits ne soient pas en bon état ou ne durent pas dans le temps demeure un obstacle majeur pour ceux qui hésitent à acheter des fournitures scolaires de seconde main.

La difficulté à trouver le bon matériel représente également un frein pour 34 % des répondants. Pour garantir la qualité et la fiabilité des produits, il semble essentiel que le marché de la seconde main évolue vers davantage de transparence, notamment par l’introduction de labels ou de garanties. Cela est particulièrement vrai pour les produits technologiques comme les ordinateurs portables, où l’état et la performance sont des critères déterminants pour les parents et les élèves.

En revanche, une grande majorité des Belges (77,3 %) est prête à accepter des ordinateurs portables ou des tablettes d’occasion pour un usage scolaire, à condition qu’ils soient garantis ou qu’ils proviennent de marques fiables. Cette donnée illustre un écart entre l’acceptation d’articles d’occasion et la réticence à investir dans des produits technologiques de seconde main, qui reste relativement faible (31,2 %).

Une solution possible pour surmonter ces obstacles pourrait résider dans l’organisation de bourses d’occasion dans les écoles. En effet, 86,5 % des personnes interrogées estiment que les écoles devraient organiser des bourses pour vendre ou échanger des manuels et du matériel scolaire usagé. Cela permettrait de rassurer les parents sur la qualité des articles, tout en facilitant l’accès à des produits à prix réduits.

Vers une démocratisation de la seconde main scolaire

L’achat de matériel scolaire d’occasion en Belgique semble sur la bonne voie, mais il nécessite encore des ajustements pour que la seconde main devienne une norme pour tous. Les parents sont prêts à faire l’effort, mais les préoccupations liées à la qualité et à la disponibilité des articles restent des points à résoudre. Il est donc crucial que les écoles et les organisations spécialisées dans le réemploi, comme l’Alliance pour le Réemploi, mettent en place des solutions concrètes pour faciliter l’accès aux produits d’occasion et garantir leur fiabilité.

Le soutien à la sensibilisation est également essentiel : 88,9 % des répondants estiment qu’il est important de sensibiliser les enfants au réemploi dès le plus jeune âge. Il est donc primordial d’introduire des initiatives éducatives sur la durabilité et le réemploi, afin de préparer les jeunes générations à adopter des habitudes de consommation responsables.

Laisser un commentaire

Share to...