La Belgique s’apprête à vivre une rentrée politique sous forte tension, dominée par des dossiers économiques et budgétaires d’envergure. Le gouvernement De Wever devra finaliser un budget fédéral dans un contexte de déficit public persistant.
Parallèlement, une série de réformes majeures doit être adoptée avant la fin de l’année, sous peine de retarder des engagements pris de longue date. Ces échéances coïncident avec une situation économique internationale instable, qui complique encore la tâche de l’exécutif.
Un budget sous étroite surveillance européenne
La priorité de l’automne pour la coalition Arizona est la confection du budget fédéral, un exercice devenu particulièrement sensible en raison de la dégradation continue des finances publiques, indique Sudinfo. Le comité de monitoring a estimé en juillet un déficit budgétaire de 4,1 % du PIB, soit 26,2 milliards d’euros pour l’année en cours. Cette proportion devrait se maintenir en 2026, mais le montant grimperait à 26,6 milliards d’euros en raison de la croissance nominale du produit intérieur brut. À plus long terme, les projections tablent sur un déficit de 5,4 % du PIB en 2030, ce qui représenterait 40,1 milliards d’euros.
Ces chiffres ont conduit la Commission européenne à placer la Belgique sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. Bruxelles a accordé sept ans au pays pour rétablir l’équilibre de ses comptes, mais cet objectif implique des efforts budgétaires significatifs dès cette année. Les arbitrages s’annoncent délicats : l’exécutif devra combiner des mesures de réduction des dépenses, notamment via une rationalisation des investissements, avec de nouvelles recettes fiscales.
L’échéance politique majeure est fixée au deuxième mardi d’octobre, date traditionnelle du discours de politique générale du Premier ministre à la Chambre. À cette date, le budget devra être prêt et les grandes lignes de l’effort d’assainissement clairement définies. Mais la trajectoire reste incertaine, notamment en raison de contraintes extérieures. La guerre en Ukraine a entraîné une augmentation accélérée des dépenses militaires, la Belgique s’étant engagée à atteindre 2 % du PIB pour sa défense dès cette année, au lieu de 2029 comme initialement prévu. À terme, un effort budgétaire représentant 3,5 % de croissance annuelle devra être soutenu pour maintenir cet engagement.
Par ailleurs, la nouvelle orientation protectionniste des États-Unis pourrait fragiliser l’économie européenne et impacter les recettes fiscales belges. L’effet combiné de ces pressions extérieures complique la recherche d’un consensus au sein de la majorité, surtout si les équilibres politiques internes viennent perturber les discussions budgétaires.
Une accumulation de réformes à faire adopter avant fin 2025
En parallèle du budget, le gouvernement fédéral s’est engagé à faire adopter une série de réformes structurelles avant la fin de l’année. Cette séquence parlementaire, prévue dès la rentrée, inclut plusieurs textes sensibles tant sur le plan économique que sociétal. Parmi eux figurent la réforme des pensions, la réforme du marché du travail, l’instauration d’une taxe sur les plus-values, ou encore des projets plus sécuritaires comme l’interdiction des organisations radicales ou les visites domiciliaires administratives.
Tous ces textes doivent passer en deuxième lecture après réception des avis du Conseil d’État. Cette étape est essentielle pour assurer leur conformité juridique avant leur examen par la Chambre. Le calendrier parlementaire s’annonce donc chargé, avec des séances potentiellement longues et conflictuelles. La mise en œuvre de ces réformes est pourtant déterminante pour améliorer la résilience économique du pays et répondre aux exigences de la Commission européenne en matière de soutenabilité des finances publiques.
La réforme des pensions, par exemple, vise à garantir la viabilité à long terme du système belge dans un contexte de vieillissement démographique accéléré. La réforme du marché du travail, quant à elle, ambitionne de réduire le chômage structurel, en favorisant une plus grande flexibilité et en encourageant le retour à l’emploi. La taxe sur les plus-values a pour objectif de corriger certaines inégalités fiscales sans compromettre l’attractivité économique.
Le bon déroulement de cette séquence législative conditionnera en grande partie la capacité du gouvernement à respecter ses engagements européens et à restaurer la confiance des marchés et des institutions. Un report ou un blocage de ces textes, qu’il soit politique ou technique, risquerait d’aggraver encore la perception de la trajectoire budgétaire belge, déjà jugée préoccupante à Bruxelles.








