Le gouvernement fédéral belge prépare une réforme en profondeur des régimes de pension des fonctionnaires. Cette refonte vise à rapprocher les conditions de retraite du secteur public de celles du privé.
Elle s’inscrit dans une logique d’équité entre les statuts et de maîtrise budgétaire. Toutefois, certains corps de métiers continueront de bénéficier de conditions particulières de départ anticipé.
Vers un alignement des pensions publiques sur le privé
La réforme portée par le gouvernement De Wever introduit une modification majeure dans le calcul des pensions des fonctionnaires. Jusqu’à présent, ceux-ci pouvaient bénéficier d’un régime plus favorable que les salariés du privé, notamment grâce à un coefficient de valorisation de 1,05 appliqué à chaque année de carrière, et un accès à la pension anticipée après 40 années de service, contre 42 dans le privé. Ce coefficient permettait d’augmenter le montant de la pension en valorisant davantage les années travaillées.
À partir de 2027, ce régime avantageux sera supprimé progressivement. L’objectif est de ramener le coefficient de 1,05 à 1,00 pour la majorité des fonctionnaires, alignant ainsi le calcul de leurs pensions sur celui du régime général. Ce changement s’accompagne aussi d’une harmonisation des conditions d’âge et de durée de carrière pour accéder à la pension anticipée, limitant les possibilités de départ anticipé.
Le gouvernement justifie cette mesure par la volonté de garantir la soutenabilité financière du système de pensions à long terme. Cette décision s’inscrit dans un contexte de vieillissement de la population et de pressions budgétaires croissantes. Elle marque également un tournant dans la politique de convergence entre les régimes publics et privés.
Des exceptions sectorielles pour les métiers dits actifs
Malgré cette volonté d’alignement, le gouvernement a prévu plusieurs dérogations pour certaines professions dites de « services actifs ». Selon une note gouvernementale consultée par L’Echo et De Tijd, les policiers, pompiers, enseignants du fondamental et du secondaire (mais pas ceux du supérieur), ainsi que les pilotes et contrôleurs aériens continueront à bénéficier d’un traitement différencié.
Pour ces groupes, le coefficient de 1,05 ne sera pas supprimé immédiatement mais diminuera de manière progressive à partir de 2027. La baisse sera de 0,005 par an, atteignant un coefficient de 1,025 en 2032. Ce régime leur permettra de partir en retraite anticipée après 41 années de service, au lieu des 42 requises dans le régime de base. Cette transition douce permet de maintenir une certaine reconnaissance de la pénibilité ou de la nature spécifique de ces fonctions, tout en participant à l’effort global de réforme.
Les militaires bénéficieront d’un mécanisme distinct : un « bonus de temps », qui leur accordera, sous certaines conditions, des années de service supplémentaires comptabilisées pour le calcul de leur pension. Ce système vise à maintenir l’attractivité des carrières militaires et à prendre en compte les contraintes spécifiques liées à ces fonctions, comme la mobilité, les missions à risque ou les limites d’âge strictes.
En prévoyant ces exceptions, le gouvernement cherche à concilier deux impératifs : une réforme structurelle des pensions et la reconnaissance des spécificités de certains métiers du secteur public. Ce choix soulève néanmoins des interrogations sur l’équité globale du système, certains syndicats dénonçant déjà une « réforme à deux vitesses ».








