Le gouvernement belge a mis en place une série de réformes touchant les pensions et les allocations sociales dans le but de ralentir l’augmentation des dépenses publiques liées au vieillissement de la population. Selon un rapport du Comité d’étude sur le vieillissement (CEV) publié en juillet 2025, ces réformes devraient permettre de maîtriser l’évolution des dépenses sociales d’ici à 2070, en particulier celles liées aux pensions.
Ce processus, bien qu’essentiel pour la durabilité financière de l’État, aura des répercussions directes sur les retraités, notamment ceux issus de certains régimes ou catégories professionnelles. Ce ralentissement de la hausse des dépenses sociales, notamment de la part des pensions, est perçu comme une mesure indispensable pour assurer un système de sécurité sociale viable sur le long terme.
Une réforme des pensions qui ralentit la hausse des dépenses sociales
Le CEV prévoit que les dépenses sociales augmenteront de 1,7 point de pourcentage du PIB entre 2024 et 2070, passant de 25,8 % à 27,5 % du PIB. Cependant, grâce aux réformes, cette hausse des dépenses sera moins importante que prévue initialement, puisqu’elle était estimée à 3,6 points dans un précédent rapport. La réforme du gouvernement vise spécifiquement à limiter la progression des dépenses liées aux pensions, tout en assurant une certaine pérennité du système de retraite belge face au vieillissement de la population.
Les principales mesures mises en place comprennent l’augmentation de l’âge de la retraite dans certains secteurs spécifiques comme celui des personnels de la SNCB ou des militaires, ainsi que la suppression de certains avantages dans les régimes de pension, notamment les tantièmes préférentiels. Ces ajustements auront pour conséquence une réduction globale du coût des pensions, estimée à 1,8 point de pourcentage du PIB d’ici 2070 par rapport aux prévisions précédentes. Cette réduction pourrait être bénéfique pour les finances publiques à long terme, mais elle risque aussi de diminuer le montant des pensions pour certains retraités.
Des conséquences pour les retraités : quelles catégories sont les plus touchées ?
Les réformes des pensions n’ont pas un impact uniforme sur l’ensemble des retraités. Certaines catégories de pensionnés, en particulier celles issues des régimes salariés, seront plus affectées par ces changements. Les salariés, qui bénéficient souvent de nombreux avantages dans le cadre de leur régime de pension, verront leur retraite réduite à cause de la suppression des tantièmes préférentiels et de l’augmentation de l’âge de départ à la retraite. Ces ajustements touchent en particulier les personnes ayant exercé des métiers où l’âge de la retraite est traditionnellement plus bas, comme les travailleurs des secteurs public ou les militaires.
De plus, l’analyse du CEV met en lumière une inégalité importante entre les sexes. Les femmes retraitées, et plus particulièrement celles issues des régimes salariés ou des indépendants, seront davantage pénalisées par la réforme. Cette situation s’explique par la structure des carrières professionnelles féminines, souvent plus fragmentées que celles des hommes, avec des périodes d’interruption ou de travail à temps partiel. Ce phénomène se traduit par des pensions plus faibles pour les femmes, qui risquent de voir leur situation se détériorer davantage avec la suppression des avantages ou l’allongement de la durée de cotisation.
Les femmes, particulièrement celles qui ont travaillé dans des secteurs moins rémunérés ou avec des interruptions dans leur carrière, se retrouvent dans une position de plus grande vulnérabilité face à ces réformes. Ainsi, même si le système de pension cherche à réduire les dépenses publiques, la manière dont ces réformes sont appliquées accentue les inégalités déjà existantes entre les sexes.
Une réforme qui soulève des interrogations sur l’équité
Bien que la réforme des pensions vise à garantir la soutenabilité du système belge de retraite face à un vieillissement démographique croissant, elle soulève des interrogations importantes sur l’équité du dispositif. La réduction des dépenses pensionnées a des avantages évidents pour l’économie à court terme, mais elle impose aussi une pression supplémentaire sur les retraités les plus vulnérables, notamment ceux ayant une carrière morcelée ou ayant exercé des métiers à bas salaires.
Il est essentiel de réfléchir à des mesures d’accompagnement pour compenser les effets de la réforme sur ces groupes de population. De plus, la question de l’allongement de la vie active soulève la problématique de l’adaptation des conditions de travail pour les personnes âgées. Les retraités dont les carrières ont été interrompues ou marquées par des revenus faibles devront probablement travailler plus longtemps pour atteindre un niveau de pension acceptable, ce qui pourrait accroître les inégalités entre les générations.








