Pensions en Belgique : voici les nouvelles conditions d’accès au bonus-malus

La Belgique encadre désormais l’accès au bonus et au malus de pension par une double condition liée à la durée effective de carrière.

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Réforme des pensions
Réforme des pensions : le gouvernement clarifie les nouvelles conditions d’accès au bonus-malus : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le gouvernement fédéral belge tente de désamorcer la confusion née autour de sa récente réforme des pensions, annoncée dans le cadre de l’accord d’été. Le Service fédéral des Pensions a pris la parole pour corriger les interprétations erronées diffusées depuis l’annonce des nouvelles mesures. 

Le cœur du débat concerne la mise en place d’un système de bonus-malus destiné à inciter les travailleurs à prolonger leur carrière au-delà de l’âge légal de la retraite. Cette clarification arrive dans un contexte où les enjeux liés au vieillissement démographique et aux finances publiques suscitent des tensions sociales et politiques.

Une double condition pour bénéficier du bonus ou éviter le malus

L’un des points les plus débattus concerne l’introduction de conditions précises pour accéder au bonus pension ou pour échapper au malus. Contrairement aux rumeurs initiales, il ne s’agit pas d’un système uniforme ou automatique, mais bien d’un mécanisme assorti de critères rigoureux. Le Service fédéral des Pensions a ainsi confirmé que pour éviter le malus – c’est-à-dire une réduction du montant de la pension en cas de départ anticipé – les travailleurs devront remplir une double condition : avoir travaillé au moins 35 ans à mi-temps, soit 156 jours par an, et cumuler un total de 7.020 jours de travail, explique 7sur7.be.

Cette exigence vise à renforcer l’équité du système en tenant compte de la durée réelle de l’activité professionnelle, et non simplement de l’âge ou de la date de départ. Le dispositif prend en compte des situations particulières, comme les congés de soins, qui peuvent être utilisés pour compléter les périodes de mi-temps et atteindre les seuils requis. Il s’agit donc d’un changement structurel qui affecte l’ensemble des futurs pensionnés, mais qui introduit aussi une forme de reconnaissance du parcours professionnel dans son ensemble.

Pour ce qui est du bonus pension, les mêmes conditions s’appliquent : 35 années de carrière à raison de 156 jours par an minimum, et un total de 7.020 jours travaillés. Le bonus ne sera accordé qu’aux personnes choisissant de poursuivre leur activité au-delà de l’âge légal de la retraite. Cela marque une évolution par rapport au système actuel, où il suffisait de retarder la pension par rapport à la date de départ possible la plus proche, sans exigence de durée de carrière. Cette modification entend encourager les travailleurs à allonger effectivement leur présence sur le marché du travail, et non simplement à décaler leur pension sur le plan administratif.

Une communication floue à l’origine des incompréhensions

Les précisions apportées par le Service fédéral des Pensions répondent à une série de malentendus largement relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux. La communication initiale du gouvernement, jugée lacunaire, a contribué à amplifier la confusion. Certains interprétaient ces mesures comme une forme de sanction automatique pour les départs anticipés, ou comme un durcissement brutal des conditions d’accès à la pension. D’autres craignaient une exclusion injustifiée de certaines catégories de travailleurs.

La ministre des Pensions Karine Lalieux a dû intervenir publiquement pour calmer les esprits et rappeler que la réforme visait à récompenser la durée effective de travail, sans remettre en cause les droits acquis. Les précisions fournies jeudi soulignent également que ces mesures ne s’appliqueront pas rétroactivement et ne concerneront que les pensions à venir. Elles s’inscrivent dans une logique budgétaire mais aussi de pérennité du système, dans un contexte où le vieillissement de la population pèse lourdement sur les finances sociales.

Le recours à un seuil de 7.020 jours – équivalent à environ 27 années à temps plein – témoigne d’une volonté d’équilibrer incitation et équité. Il s’agit d’un compromis entre la reconnaissance des longues carrières et la nécessité de contenir les dépenses publiques. Mais cette approche suscite aussi des interrogations, notamment sur la prise en compte des carrières fragmentées, fréquentes dans certains secteurs comme la culture, l’intérim ou le travail indépendant.

La réforme liée au bonus-malus, bien qu’encore en phase de déploiement, souligne les tensions persistantes entre objectifs de soutenabilité financière et exigences sociales. Le gouvernement devra redoubler d’efforts pour expliquer ses choix et garantir une application juste des nouvelles règles.

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