La réforme du chômage continue de diviser la Belgique. Bien que la Cour constitutionnelle ait rejeté la demande de suspension de la réforme, les syndicats restent déterminés à obtenir son annulation complète. Ce rejet marque une étape importante dans le processus judiciaire, mais la bataille légale pour la réforme du chômage est loin d’être terminée.
La Cour constitutionnelle a rendu son arrêt ce jeudi, rejetant la demande de suspension de la réforme du chômage, formulée par plusieurs syndicats et organisations. Ces derniers souhaitaient que la réforme soit suspendue en raison des préjudices qu’elle pourrait causer aux demandeurs d’emploi, notamment la limitation de la durée des allocations à deux ans pour les nouveaux inscrits. La Cour a estimé qu’il n’y avait pas de « préjudice grave difficilement réparable », une condition nécessaire pour suspendre la réforme en attendant une décision sur son annulation.
Malgré cette décision, les syndicats ne baissent pas les bras et annoncent qu’ils déposeront un nouveau recours en annulation d’ici la fin janvier. Ils espèrent que la Cour constitutionnelle reviendra sur sa position et annulera partiellement ou totalement la réforme. Pour les syndicats, la réforme risque de plonger des milliers de familles dans l’incertitude, avec des conséquences graves pour les plus vulnérables.
Les impacts de la réforme du chômage sur les demandeurs d’emploi
La réforme du chômage vise à exclure environ 180 000 demandeurs d’emploi d’ici 2027, une mesure qui, selon les syndicats, aggraverait la précarité des personnes sans emploi. Les familles qui dépendent des allocations risquent de se retrouver sans ressources suffisantes, sans alternative autre que la solidarité familiale, selon les défenseurs de l’opposition. Le principal grief porte sur la limitation des allocations à deux ans, une mesure qui concerne principalement les nouveaux inscrits.
Les syndicats dénoncent une réforme injuste et précipitée, qui ne ferait qu’aggraver les inégalités sociales. Ils estiment que cette réforme ne favorise pas la création d’emplois et qu’elle risque de déplacer la pauvreté du chômage vers les centres publics d’action sociale (CPAS). Selon eux, la réforme aurait des effets dévastateurs sur des centaines de milliers de personnes.
Les réactions des autorités et des entreprises
En revanche, les défenseurs de la réforme, dont la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et le ministre de l’Emploi David Clarinval (MR), soutiennent que cette réforme est nécessaire pour assurer la durabilité du système de sécurité sociale belge. Le ministre Clarinval a exprimé sa satisfaction face à la décision de la Cour, affirmant que la réforme est équilibrée et conforme aux principes fondamentaux de la Constitution. Selon lui, cette réforme vise à renforcer l’accompagnement vers l’emploi et à encourager une plus grande responsabilité individuelle.
Pierre-Yves Jeholet, ministre wallon de l’Emploi, a également défendu cette réforme, soulignant qu’elle visait à « inciter au retour à l’emploi » et à renforcer la solidarité entre les travailleurs et ceux qui cherchent un emploi, rapporte la RTBF.
Une réforme controversée en pleine confrontation politique
L’opposition, menée par le PS, continue de dénoncer cette réforme qu’elle qualifie de « contre-productive ». Selon le PS, réduire les allocations de chômage à deux ans ne favorisera pas l’emploi mais augmentera la pauvreté, sans offrir de solutions concrètes. Le parti socialiste a également proposé un projet de loi « plein-emploi », visant à faciliter l’embauche des chômeurs après deux ans.
Les syndicats et le gouvernement continuent donc de s’affronter sur la réforme du chômage, avec des perspectives légales et politiques qui s’annoncent tendues. D’ici la fin du mois, la question de l’annulation de cette réforme sera à nouveau sur la table de la Cour constitutionnelle, et les mois à venir pourraient être cruciaux pour l’avenir de la réforme du chômage en Belgique.








