Réforme des pensions : pourquoi les femmes sont-elles les grandes perdantes ?

Les femmes risquent de subir un impact plus important que les hommes avec les nouvelles conditions des pensions, en raison des écarts liés au travail à temps partiel.

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Réforme des pensions : pourquoi les femmes sont-elles les grandes perdantes ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La réforme des pensions en Belgique suscite des inquiétudes, particulièrement pour les femmes. En raison de l’écart salarial, du travail à temps partiel et des périodes d’absence, elles pourraient se retrouver davantage pénalisées. Alors que des mesures sont proposées pour réduire cet écart, des solutions concrètes restent à trouver.

En 2023, la différence moyenne de pension entre un homme et une femme est de 387 euros. Cette disparité pourrait se creuser davantage avec la réforme des pensions, qui impose de nouvelles conditions strictes pour éviter le malus. Parmi celles-ci, le critère des 7020 jours de travail sur toute la carrière. Cette exigence constitue un obstacle pour de nombreuses femmes, souvent employées à temps partiel, qui peinent à cumuler ces jours. Par exemple, travailler 35 ans à mi-temps n’est pas suffisant pour remplir cette condition, et pourrait donc mener à une réduction de la pension.

Le travail à temps partiel, un facteur clé de l’écart entre les pensions

Le travail à temps partiel reste l’un des principaux facteurs qui expliquent l’écart de pension entre hommes et femmes. Selon Laurène Thil, expert en la matière, même si des progrès sont réalisés pour réduire cet écart, il faudra encore plusieurs années avant qu’une réelle égalité ne soit atteinte, rapporte RTBF. Ce phénomène est lié au manque de solutions pour la répartition des responsabilités familiales, comme la garde d’enfants ou l’aide aux personnes âgées, un changement culturel nécessaire mais complexe.

Les syndicats, tels que la CNE, réclament des mesures pour atténuer l’impact de la réforme sur les femmes. Parmi leurs propositions : plus de places en crèches et une augmentation du congé de naissance pour le partenaire. Ces mesures visent à alléger la charge mentale et physique des femmes dans les foyers, afin qu’elles puissent poursuivre leur carrière professionnelle sans pénalisation.

Une réforme émancipatrice ou un simple ajustement ?

Le gouvernement justifie cette réforme en affirmant qu’elle permettra de réduire l’écart de pensions à long terme. Mais, sans des mesures d’accompagnement, cette réforme pourrait aggraver les inégalités existantes. L’objectif de soutenir la participation accrue des femmes au marché du travail semble louable, mais les actions concrètes pour y parvenir restent floues.

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