Réforme des pensions : des centaines de retraités belges risquent de perdre gros

Une réforme des pensions pourrait réduire les droits de certains futurs retraités, notamment ceux ayant connu chômage long ou carrière incomplète, dès 2027.

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Réforme des pensions
Réforme des pensions : des centaines de retraités belges risquent de perdre gros. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

À partir de 2027, les travailleurs ayant connu de longues périodes de chômage ou occupé des emplois passerelles pourraient perdre des centaines d’euros par mois sur leur pension. C’est ce qui ressort d’un projet de réforme des pensions en Belgique, qui fait déjà l’objet de vives critiques. Ce projet, porté par le ministre des Pensions, Jan Jambon, pourrait toucher environ 30 % des nouveaux retraités, affectant particulièrement les familles et les femmes.

Le projet de réforme prévoit une révision du calcul des pensions, notamment concernant les périodes dites « assimilées ». Ces périodes incluent le chômage, la maladie, le travail à temps partiel, ainsi que les congés maternité ou parentaux. Actuellement, ces périodes, bien que non travaillées, sont prises en compte dans le calcul des droits à la pension. Cependant, le gouvernement souhaite réduire l’impact de ces périodes sur le montant des pensions futures. Selon le projet, si ces périodes assimilées dépassent un certain seuil, elles ne seront plus comptées de manière aussi avantageuse.

La réforme prévoit que les personnes de plus de 62 ans ne pourront pas avoir plus de 40 % de leur carrière constituée de périodes assimilées, tandis que pour celles de 59 ans ou moins, ce plafond serait réduit à 20 %. Pour de nombreux travailleurs, notamment ceux ayant eu des interruptions de carrière dues à des emplois à temps partiel ou des périodes de chômage, ce durcissement pourrait entraîner une réduction importante de leur pension. Selon les calculs du Service fédéral des Pensions, la perte moyenne pourrait dépasser les 300 € par mois pour ces futurs retraités.

Une réforme des pensions qui suscitent de vives critiques

La Ligue des familles, ainsi que de nombreuses associations de défense des droits des travailleurs, ont immédiatement dénoncé cette mesure. Elles estiment que ce projet pénalise lourdement les familles qui, souvent, interrompent leur carrière pour des raisons liées aux soins d’un proche, à la garde d’enfants, ou en raison de difficultés économiques. Selon Ivo Mechels, président de la Ligue des familles, les femmes seront particulièrement touchées, car elles sont plus susceptibles de travailler à temps partiel ou de faire face à des interruptions de carrière pour des raisons familiales.

« Ce lien est essentiel pour maintenir le système viable. Mais avec ce plafond de 20%, on réduit la pension de personnes qui n’ont souvent pas choisi cette situation. Pensez aux familles qui interrompent leur carrière pour s’occuper d’un proche malade, par manque de garde d’enfants, ou à ceux qui travaillent involontairement à temps partiel« , explique-t-il à la presse.

Une réforme qui soulève de nombreuses interrogations 

Cette réforme soulève aussi des questions sur la viabilité du système des pensions à long terme. Le gouvernement, pour sa part, insiste sur la nécessité de réformer le système afin de le rendre plus durable financièrement. Selon lui, il est indispensable de renforcer le lien entre les cotisations versées et les années effectivement travaillées. En limitant l’impact de ces périodes non travaillées, il espère garantir la pérennité du système.

Cependant, plusieurs syndicats et experts s’inquiètent du fait que cette réforme risque de creuser encore davantage les inégalités économiques, notamment pour les plus précaires et les familles. De plus, certains estiment que cette mesure pourrait dissuader certaines personnes de prendre des congés parentaux ou de travailler à temps partiel, de peur d’impacter leur future pension.

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