Réforme des cotisations : un cadeau fiscal pour les plus riches en Belgique ?

Le plafonnement des cotisations patronales sur les hauts salaires suscite des débats en Belgique, entre compétitivité et coût pour l’État.

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Réforme des cotisations : un cadeau fiscal pour les plus riches en Belgique ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Depuis le 1er juillet 2025, un plafonnement des cotisations patronales sur les hauts salaires a été instauré en Belgique. Si cette mesure se veut un levier pour attirer les talents et réduire le coût du travail, elle suscite des interrogations sur ses effets à long terme sur les finances publiques.

Jusqu’ici, les cotisations sociales patronales étaient calculées sur l’intégralité du salaire d’un employé. Désormais, pour les salaires dépassant 85 000 euros par trimestre, soit 340 000 euros par an, ces cotisations seront nulles. Ce changement concerne environ 1 700 personnes, dont un tiers sont des footballeurs, et pour le reste, des cadres supérieurs dans des secteurs comme le conseil ou les sièges sociaux.

Les chiffres sont frappants : cette réforme entraînera une perte de recettes de 75 millions d’euros en 2026, selon le cabinet du ministre de l’Emploi, David Clarinval, rapporte Le Soir.

La compétitivité, principal argument du gouvernement

Cette décision a pour objectif de renforcer la compétitivité de la Belgique sur le marché international, en diminuant le coût du travail. Le gouvernement argumente qu’en allégeant les charges sociales, il cherche à éviter la fuite des talents à l’étranger, notamment au Luxembourg, où certains hauts revenus sont déjà domiciliés pour bénéficier de conditions fiscales plus avantageuses.

La réforme des cotisations patronales au cœur des débats

Cependant, cette mesure fait débat. D’un côté, elle permet de soutenir la compétitivité des entreprises et de réduire l’écart de coûts avec les pays voisins. De l’autre, elle est perçue par certains comme un privilège pour les plus riches dans un contexte de déficit budgétaire important. L’argument selon lequel « trop d’impôt tue l’impôt » est fréquemment évoqué par les partisans de cette réforme, qui soulignent la nécessité de rester attractifs pour les investisseurs étrangers.

En fin de compte, cette réforme soulève une question cruciale : les hauts salaires doivent-ils être moins taxés pour favoriser la compétitivité, ou est-ce un cadeau injustifié aux plus fortunés ?

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