À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, une réforme majeure va bouleverser le système d’aide sociale en Belgique. Celle-ci vise à exclure plus de 100 000 chômeurs de longue durée des allocations d’indemnisation.
Cette réforme est susceptible de pousser une grande partie de cette population vers les revenus d’intégration, un dispositif moins favorable. Si les conséquences sociales de cette réforme sont importantes, les CPAS (Centres publics d’action sociale) risquent de se retrouver submergés par une demande d’aide croissante.
Une réforme qui exclut les chômeurs de longue durée
L’objectif de cette réforme est de réduire le nombre de personnes indemnisées par l’État après une période prolongée de chômage. Selon la Fédération des CPAS de Wallonie, ce sont plus de 100 000 chômeurs qui seront exclus des aides à partir de 2026 et devront se tourner vers le revenu d’intégration (RI), a relaté Sudinfo. Le revenu d’intégration est destiné à fournir un soutien aux personnes les plus précaires, mais il n’offre pas les mêmes avantages que le chômage. En effet, la différence est minime, avec des allocations qui ne dépassent pas 3€ par jour pour un chef de famille. En outre, l’accès à ce revenu d’intégration dépend de nombreuses conditions strictes, ce qui pourrait rendre difficile l’accès pour un grand nombre de personnes concernées.
Cette réforme suscite une inquiétude croissante parmi les chômeurs qui ne rempliront pas les critères pour bénéficier du revenu d’intégration. L’impact de cette exclusion sera majeur, car pour ceux qui ne pourront pas y accéder, le fardeau social pourrait se renforcer. En effet, ceux qui se retrouveront sans aide devront se tourner vers d’autres formes d’assistance sociale, ce qui risque de créer une pression accrue sur les CPAS, déjà en difficulté avec des ressources humaines limitées.
La pression sur les CPAS : une explosion de demandes
La mise en œuvre de la réforme entraînera une explosion du nombre de demandes d’aide sociale. La Fédération des CPAS de Wallonie estime que 45 000 personnes pourraient être obligées de solliciter un revenu d’intégration. Parmi celles-ci, plus de 20 000 seraient issues de la Wallonie, une région déjà fortement touchée par la pauvreté. Les demandes devront être traitées par des services déjà à bout de souffle, avec un personnel insuffisant pour faire face à une telle demande.
Le problème ne s’arrête pas là. Selon les estimations, les CPAS wallons reçoivent déjà entre 30 000 et 40 000 demandes d’aides sociales par an. Avec la réforme, ce nombre devrait augmenter de manière significative, mettant une pression supplémentaire sur les structures qui, pour l’instant, n’ont ni les moyens financiers ni les ressources humaines pour y faire face. La mise en place d’enquêtes sociales et d’instructions complètes pour chaque demande risque de ralentir davantage les processus d’accompagnement, entraînant des délais de traitement plus longs.
Une répercussion sociale et économique difficile à gérer
Si les CPAS peinent déjà à répondre aux besoins actuels, la réforme de l’Arizona pourrait aggraver la situation. Les exclus du chômage et ceux qui ne remplissent pas les critères pour obtenir le revenu d’intégration risquent de se retrouver dans une situation encore plus précaire. Ils devront compter sur des aides sociales complémentaires qui, déjà sous forte pression, risquent de ne plus suffire à couvrir l’ensemble des besoins. Cette situation pourrait mener à une explosion des demandes, créant des tensions sociales et économiques supplémentaires dans des régions comme la Wallonie.








