Le gouvernement fédéral et la Défense viennent de franchir un pas décisif dans la revalorisation du statut militaire. Le ministre Théo Francken (N-VA) a annoncé un accord imminent avec les syndicats, visant à renforcer le pouvoir d’achat des militaires.
Les négociations, qualifiées de « best and final offer », prévoient une série de mesures financières et structurelles. Le coût global de cette réforme est estimé à 300 millions d’euros par an.
Une revalorisation financière à plusieurs niveaux
L’accord vise une amélioration concrète des conditions économiques des militaires, avec un ensemble de mesures ciblées. L’allocation OPS, élément central du dispositif, compensera les contraintes opérationnelles. Elle pourra atteindre jusqu’à quatorze mois de traitement brut. Deux options sont possibles : un versement unique dès 45 ans, après 20 ans de service, ou un versement annuel à partir de 30 ans et 12 ans de carrière, rapporte Le Soir. Cette mesure répond à la fréquence élevée des missions, souvent en dehors des horaires classiques et sur des périodes prolongées.
Le texte prévoit également une revalorisation de plusieurs allocations spécifiques. Celles destinées aux militaires rappelables seront doublées. Le chèque-repas sera relevé de 6 à 10 euros. Une allocation mobilité est instaurée pour les militaires vivant à plus de 50 kilomètres de leur affectation, fixée à 1.000 euros nets par an. L’indemnisation des prestations effectuées durant les opérations et exercices passera à un calcul « heure par heure », compensé en temps ou en argent.
Un autre point central est la réforme des barèmes salariaux, en lien avec les fonctions et les responsabilités réelles. Cette mesure vise à mieux aligner la rémunération sur la charge de travail et à répondre à la pénurie de personnel qualifié. Par ailleurs, le remboursement des soins médicaux sera simplifié : 100 % de prise en charge pour les accidents de service et maladies professionnelles, et 80 % dans les autres cas.
Pensions : un relèvement partiel de l’âge avec compensations
L’enjeu des pensions a fait l’objet de discussions intenses. Contrairement à certaines inquiétudes, l’âge de départ ne sera pas relevé de onze années. Selon Théo Francken, le prolongement sera de « quatre à cinq années », modulé par des mécanismes de bonifications. Ces bonifications permettront d’alléger le passage progressif vers l’âge légal de la pension, en prenant en compte les années de service, le grade, l’âge et les conditions spécifiques d’exercice.
Le système prévoit des règles transitoires pour les militaires nés entre 1971 et 1993, visant à adoucir l’effet du relèvement. Les jours crédités et années supplémentaires seront calculés selon un barème précis, afin de compenser partiellement la prolongation de carrière. Cette approche vise à rééquilibrer le traitement des militaires par rapport à d’autres professions du secteur public. Théo Francken a exprimé sa volonté d’harmonisation, déclarant : « Il est inexplicable qu’une infirmière doive travailler jusqu’à 67 ans et qu’un militaire puisse s’arrêter à 56. »
Ce nouvel accord, bien qu’encore en attente de signatures finales de plusieurs syndicats, a déjà reçu l’aval de l’ACMP-CGMP, principal syndicat militaire. Le ministre espère une adhésion complète dans les jours à venir. Frederik Vansina, chef de la Défense, a qualifié l’accord d’« équilibré » et salué une reconnaissance du « métier militaire dans toute sa complexité ».
Cet ensemble de mesures constitue une réponse budgétaire et symbolique à des années de demandes syndicales sur les conditions de travail et la reconnaissance statutaire. Le gouvernement s’inscrit dans l’objectif de consacrer 2 % du PIB à la Défense, en conformité avec ses engagements internationaux.
La revalorisation des carrières militaires belges repose désormais sur un cadre structuré mêlant hausse salariale, amélioration des indemnités, ajustement des pensions et simplification administrative.








