En Belgique, de plus en plus de citoyens possèdent plusieurs logements, un phénomène qui n’a jamais été aussi marqué. Cette tendance soulève des questions sur l’accessibilité au logement pour tous. Alors que les propriétaires se multiplient, les inégalités sur le marché immobilier se creusent. Que se cache-t-il derrière cette évolution ?
D’après les dernières statistiques, la Belgique comptait 5.062.913 propriétaires au 1er janvier 2025, un chiffre qui représente une hausse de plus de 30 000 propriétaires par rapport à 2024, rapporte la RTBF. Cette augmentation est en grande partie due à l’augmentation des investissements dans l’immobilier, que ce soit pour des raisons de résidence principale ou secondaire, mais aussi pour des investissements locatifs. Les Belges qui détiennent plusieurs logements, en particulier, font partie de cette tendance.
Cela concerne une part importante des propriétaires qui possèdent un bien supplémentaire, soit pour y loger des locataires, soit pour bénéficier de la plus-value immobilière.

Un marché de l’immobilier de plus en plus concentré
Si cette croissance est bonne pour les investisseurs, elle soulève des préoccupations en matière d’accessibilité au logement. Le phénomène de concentration de la propriété entre les mains de quelques-uns engendre une pression supplémentaire sur le marché locatif. Cela devient un obstacle majeur pour les jeunes générations et les familles à revenus moyens, qui peinent à trouver un logement à prix abordable.
Le secteur immobilier est de plus en plus dominé par les propriétaires ayant les moyens d’investir dans plusieurs biens, créant ainsi des disparités importantes dans la distribution des propriétés.
Les régions les plus touchées par cette tendance
L’augmentation du nombre de propriétaires de plusieurs logements se fait ressentir différemment selon les régions. Par exemple, Bruxelles, avec un marché immobilier particulièrement tendu, connaît une concentration des propriétés secondaires, en particulier dans les zones périphériques, où les prix restent encore relativement abordables. D’autre part, en Wallonie, certaines communes rurales sont également devenues attractives pour ceux qui souhaitent investir dans l’immobilier, notamment en raison des prix plus bas et de la demande croissante de logements locatifs.
Les conséquences sociales de la possession de plusieurs logements
Cette tendance à l’accumulation de biens immobiliers par quelques investisseurs pose des questions importantes sur les inégalités sociales. Si certains Belges accumulent plusieurs propriétés, d’autres se retrouvent dans une situation précaire, incapables d’accéder à un logement digne de ce nom. Avec la hausse des loyers, la crise du logement s’intensifie, notamment dans les grandes villes comme Bruxelles ou Anvers, où l’accès à un logement abordable devient un véritable casse-tête pour de nombreux citoyens.
De plus, cette concentration des propriétés peut entraîner un blocage sur le marché immobilier. Les biens détenus par des investisseurs sont parfois laissés vacants ou mal entretenus, n’entrant pas dans le circuit de l’offre et de la demande pour les citoyens en recherche d’un logement. Cela génère une pénurie d’offre, alors même que de nombreuses propriétés restent inoccupées, notamment celles appartenant à des investisseurs étrangers ou des fonds d’investissement.
Les politiques publiques et l’avenir du marché immobilier
Face à cette situation, des appels à la régulation du marché immobilier se multiplient. Certains experts suggèrent une politique visant à plafonner le nombre de logements qu’une personne peut posséder ou à mettre en place des taxes supplémentaires sur les propriétés inoccupées. Une telle politique pourrait rendre l’accès à la propriété plus équitable, tout en régulant le marché locatif pour le rendre plus accessible.
Pour le moment, les autorités belges n’ont pas encore pris de mesures drastiques, bien que la question soit régulièrement soulevée dans les débats politiques. Cependant, des initiatives locales existent pour encourager l’investissement dans l’immobilier abordable, et certaines villes comme Bruxelles réfléchissent à des solutions pour limiter l’impact de cette tendance sur le marché locatif.








